Tensions au Moyen-Orient et soutien au dollar
Le vice-président américain JD Vance et les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner doivent tenir samedi des discussions au Pakistan sur un éventuel accord de long terme avec l’Iran. Au Japon, la Première ministre Sanae Takaichi a déclaré que le gouvernement envisage de libérer l’équivalent d’environ 20 jours de réserves supplémentaires de pétrole à partir de début mai afin de stabiliser l’approvisionnement, alors que le transport maritime est perturbé. Les marchés intègrent la possibilité d’une hausse des taux de la Banque du Japon (BoJ, banque centrale) lors de la réunion d’avril, ce qui pourrait soutenir le yen. Tomohisa Fujiki, de Citi Research, estime la probabilité d’un tel mouvement jusqu’à 70%. Le yen dépend de l’économie japonaise, de la politique de la BoJ et de l’écart de rendement entre les obligations américaines et japonaises (différence entre les taux d’intérêt offerts par ces obligations, qui influence les flux de capitaux). Sa valeur peut aussi évoluer selon l’appétit pour le risque (envie des investisseurs de prendre des positions risquées ou, au contraire, de se protéger). Avec USD/JPY au-dessus de 159, on observe un mouvement classique vers le dollar, perçu comme valeur refuge (actif jugé plus sûr en période de crise), alimenté par les craintes géopolitiques autour du détroit d’Ormuz. Ces tensions ont fait grimper le prix du pétrole : les contrats à terme (futures, contrats financiers portant sur un achat/vente à une date future) sur le Brent ont gagné plus de 12% en deux semaines, vers 105 dollars le baril, ce qui renforce aussi l’attrait du dollar. Les opérateurs doivent rester prudents : ce mouvement dépend surtout des nouvelles, pas uniquement des facteurs économiques de fond. Le point d’attention immédiat est le CPI américain attendu plus tard aujourd’hui, qui peut fortement faire bouger le marché. Le consensus anticipe un léger ralentissement de l’inflation sous-jacente (core, inflation hors énergie et alimentation, souvent jugée plus représentative). Si cela se confirme, le dollar pourrait perdre du terrain et la paire corriger depuis ces sommets. En revanche, une inflation plus élevée que prévu renforcerait les anticipations d’une Réserve fédérale « hawkish » (banque centrale prête à maintenir ou relever les taux pour lutter contre l’inflation) et pourrait pousser la paire vers 160.Politique de la BoJ et écarts de taux
La probabilité d’une hausse de taux de la BoJ à la réunion d’avril est notable et pourrait limiter la faiblesse du yen. On se souvient que le yen s’était renforcé lorsque la BoJ avait mis fin à sa politique de taux négatifs en mars 2024. Une nouvelle hausse accentuerait cette dynamique et pourrait provoquer une correction rapide à la baisse d’USD/JPY. Dans ce contexte, l’écart de taux entre les obligations américaines et japonaises devient l’indicateur clé. L’écart entre le Treasury américain à 10 ans (obligation d’État des États-Unis) et son équivalent japonais se situe autour de 380 points de base (1 point de base = 0,01 point de pourcentage), un niveau qui a historiquement favorisé un dollar fort. Une hausse des taux au Japon réduirait cet écart, rendant plus attractives des options (produits dérivés donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix fixé) misant sur une baisse d’USD/JPY, comme les options de vente (puts, qui prennent de la valeur si le prix baisse). Avec des forces opposées entre géopolitique et politique monétaire, la volatilité (ampleur et fréquence des variations de prix) domine. L’indice de volatilité USD/JPY de Cboe (JYVIX, indicateur de la volatilité implicite, c’est-à-dire anticipée par le marché via les prix des options) a déjà atteint son plus haut niveau depuis les tensions de marché de fin 2025. Dans ce cadre, des stratégies visant à profiter d’un fort mouvement, comme l’achat de straddles (achat simultané d’un call et d’un put au même prix d’exercice) ou de strangles (call et put à des prix d’exercice différents), peuvent être adaptées si l’on anticipe un grand mouvement sans connaître le sens. Les discussions diplomatiques prévues au Pakistan ce week-end constituent un facteur d’incertitude majeur. Un accord de désescalade (réduction des tensions) avec l’Iran ferait probablement reculer nettement les prix du pétrole et effacerait la prime de risque (surcroît de demande lié au risque) récemment accordée au dollar, ce qui ferait baisser USD/JPY. À l’inverse, un échec des négociations renforcerait le statut de valeur refuge du dollar et pourrait pousser la paire encore plus haut.
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