Données clés et focus sur la Fed
Le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, a déclaré que les institutions font face à une crise de confiance et a souligné l’importance de l’indépendance de la Fed (sa capacité à décider sans pression politique) pour maîtriser l’inflation (hausse générale des prix). Les marchés attendent des données américaines, dont les créations d’emplois hors agriculture (Nonfarm Payrolls, le principal chiffre mensuel des emplois aux États-Unis) avec un consensus à 59 000 pour février après 130 000 en janvier, et les ventes au détail (mesure des dépenses des consommateurs) attendues en baisse de 0,3 % sur un mois en janvier après 0 % précédemment. Le franc suisse peut monter grâce à la demande de valeur refuge (achat d’actifs jugés plus sûrs en période de crise) avec les tensions géopolitiques, tandis que le vice-président de la BNS (Banque nationale suisse), Antoine Martin, a répété que la banque est prête à intervenir (agir sur les marchés, par exemple en achetant ou vendant des devises) pour limiter une hausse excessive du CHF. Le CHF (code de la monnaie suisse) est très échangé et a été arrimé à l’euro (taux fixé par la banque centrale) de 2011 à 2015; la fin de cet arrimage a été suivie d’une hausse de plus de 20 %. La BNS se réunit quatre fois par an et vise une inflation sous 2 %. Des taux plus élevés soutiennent souvent le CHF, et des taux plus bas l’affaiblissent. Le CHF suit souvent l’euro, car l’économie suisse est très liée à la zone euro; certaines estimations placent cette relation (corrélation, c’est-à-dire évolution similaire) au-dessus de 90 %. Avec l’USD/CHF proche de plus bas sur plusieurs décennies autour de 0,7810, on voit un conflit entre forces opposées. La nouvelle guerre au Moyen-Orient pousse des achats de franc suisse (flux refuge), ce qui fait baisser la paire. Mais ce même conflit fait monter le pétrole, ce qui soutient le dollar en alimentant la peur d’une inflation plus élevée et en maintenant une Fed plus stricte (hawkish: prête à garder les taux hauts ou à les monter).Volatilité et positions
Les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, comme options et contrats à terme) doivent se préparer à une forte volatilité (variations rapides et importantes des prix) car ces facteurs tirent le marché dans des sens opposés. Le conflit a poussé le pétrole WTI (West Texas Intermediate, référence du pétrole américain) au-dessus de 105 $ le baril, une hausse forte qui complique la lutte de la Fed contre l’inflation avant sa prochaine réunion. Cela renforce l’idée que les baisses de taux ne sont pas d’actualité, ce qui soutient le dollar. Le prochain rapport NFP (chiffre mensuel des emplois hors agriculture) est un événement clé qui peut provoquer un mouvement brutal. L’attente de 59 000 emplois en février est faible par rapport aux gains d’emplois plus élevés observés durant une grande partie de 2025. Un chiffre très différent des prévisions devrait changer fortement les attentes sur la Fed et la direction du dollar. Des stratégies d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) qui profitent des mouvements de prix plutôt que de la direction semblent plus adaptées. Avec l’incertitude, acheter un straddle long (acheter un call et un put au même prix d’exercice) ou un strangle long (acheter un call et un put avec des prix d’exercice différents) peut permettre de profiter d’une cassure dans un sens ou dans l’autre. La volatilité implicite (volatilité intégrée dans le prix des options, reflet de la peur du marché) a déjà nettement monté depuis le début du conflit. Il faut aussi suivre la BNS, car ses responsables ont dit qu’ils sont prêts à intervenir. La BNS a souvent vendu des francs pour éviter une monnaie trop forte, et ses réserves de devises (actifs en monnaies étrangères) restent élevées, au-dessus de 700 milliards de CHF. Tout signe d’intervention pourrait rapidement effacer les gains du franc, même avec une forte demande refuge. Les éléments à surveiller sont donc l’évolution de la guerre avec l’Iran et la publication des données sur l’emploi aux États-Unis. Une désescalade (baisse des tensions) pourrait à la fois réduire l’attrait refuge du franc et faire baisser le pétrole, ce qui aiderait l’USD/CHF à remonter. À l’inverse, une escalade renforcerait le bras de fer actuel.
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