L’USD/CAD n’est pas parvenu à capitaliser sur le rebond nocturne depuis 1,3900, présenté comme le plus bas de la semaine, et a légèrement reculé en Asie jeudi. La paire est restée proche du plus haut depuis le début de l’année atteint mardi et s’est échangée juste sous le milieu de la zone 1,3900, en baisse de moins de 0,10% sur la séance, les signaux demeurant contrastés.
L’Iran a indiqué avoir fermé le détroit d’Ormuz après une nouvelle vague de frappes américaines, ce qui a favorisé le rebond du pétrole brut depuis un creux proche de deux mois touché mardi et a apporté un soutien au dollar canadien, sensible aux matières premières. Le dollar américain est également resté contenu, même si la demande de valeurs refuges demeurait au centre de l’attention à mesure que le risque d’escalade des tensions augmentait, tandis que la hausse des prix de l’énergie maintenait les préoccupations inflationnistes à un niveau élevé et renforçait les anticipations d’une Réserve fédérale plus restrictive. L’outil FedWatch du CME Group montrait que les marchés intégraient plus de 70% de probabilité d’une hausse de taux d’ici la fin de l’année après une inflation CPI en hausse de 4,2% en glissement annuel en mai, au plus haut depuis trois ans ; à l’inverse, la Banque du Canada était décrite comme accommodante. L’attention se tourne vers le PPI américain plus tard durant la séance nord-américaine, en parallèle des développements au Moyen-Orient et des mouvements du pétrole.
L’escalade dans le détroit d’Ormuz alimente la volatilité du pétrole et de l’USD/CAD
Nous considérons la récente escalade dans le détroit d’Ormuz comme le principal moteur des marchés cette semaine. Les tensions ont propulsé le brut West Texas Intermediate (WTI) au-delà de 95 dollars le baril pour la première fois depuis 2022, apportant un soutien significatif au dollar canadien. Cette configuration crée un environnement de forces antagonistes particulièrement délicat pour la paire USD/CAD.
Cependant, cette flambée géopolitique renforce simultanément l’attrait du dollar américain en tant que valeur refuge, ce qui tend à établir un plancher sous la paire. Historiquement, les périodes de conflit intense au Moyen-Orient se sont traduites par un dollar plus ferme même en présence de prix du pétrole élevés, le capital mondial recherchant la sécurité. Nous anticipons que cette dynamique empêchera, à court terme, toute forte baisse de l’USD/CAD.
Divergence de politique monétaire et implications de marché
Au-delà des gros titres, la divergence de politique monétaire entre la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada s’accentue. Avec le dernier rapport CPI américain de mai 2026 montrant une inflation qui reste tenace à 3,8%, la Fed est sous pression pour maintenir une posture restrictive. À l’inverse, la Banque du Canada laisse entrevoir une possible baisse de taux d’ici la fin de l’année, alors que les dernières données de PIB indiquent que l’économie canadienne n’a progressé que de 0,9% au premier trimestre.
Les anticipations de marché reflètent cet écart grandissant : l’outil FedWatch du CME indique désormais une probabilité de 75% que la Fed maintienne ses taux inchangés durant l’été, réduisant à néant l’espoir d’une baisse à court terme. Cette anticipation maintient les rendements obligataires américains à des niveaux élevés, un facteur clé de soutien à un USD/CAD plus élevé. Nous estimons que les opérateurs d’options devraient intégrer une volatilité implicite plus importante au cours des prochaines semaines.
Compte tenu de ces puissants courants contraires, nous jugeons les paris directionnels « purs » sur l’USD/CAD risqués. Le potentiel d’un mouvement abrupt dans un sens comme dans l’autre est accru, ce qui rend attrayantes des stratégies longues de volatilité, telles que les straddles ou les strangles. Nous cherchons à profiter d’un mouvement de prix significatif, quelle qu’en soit la direction, car une actualité géopolitique ou les prochaines données d’inflation pourraient facilement déclencher une cassure.