L’enquête de mai sur les anticipations des consommateurs (Survey of Consumer Expectations, SCE) de la Réserve fédérale de New York montre que les ménages anticipent un léger reflux de l’inflation sur les 12 prochains mois, alors même que le conflit au Moyen-Orient exerce des pressions haussières. Les anticipations médianes d’inflation à 12 mois ont reculé à 3,5 %, contre 3,6 %, tandis que les perspectives de plus long terme sont restées inchangées à 3,1 % sur trois ans et à 3 % sur cinq ans.
L’enquête fait également état d’un sentiment plus faible sur le crédit et les perspectives d’emploi. Les anticipations concernant la disponibilité future du crédit se sont dégradées, une minorité seulement s’attendant à un accès plus facile au crédit au cours de l’année à venir. Par ailleurs, la probabilité moyenne perçue de retrouver un emploi après un licenciement a baissé à 43,7 % ; ce niveau est inférieur à la moyenne sur 12 mois (46,8 %) et constitue un plus bas depuis décembre.
Prudence des marchés face à des signaux contradictoires
À la lumière de ces données côté consommateurs, nous observons un marché aux prises avec des signaux contradictoires, ce qui plaide pour une approche prudente dans les semaines à venir. Le léger recul des anticipations d’inflation à un an à 3,5 % est à noter, mais la rigidité des anticipations de long terme conforte la posture de la Réserve fédérale consistant à maintenir des taux « plus élevés plus longtemps ». En conséquence, nous hésitons à nous positionner sur des baisses de taux agressives et privilégierons des stratégies tirant parti d’un marché évoluant en range.
La dégradation des attentes des ménages sur le marché du travail et le crédit constitue un signal d’alerte majeur pour la croissance. Ce pessimisme des consommateurs s’inscrit dans la lignée du dernier rapport sur l’emploi de mai 2026, qui a montré un ralentissement de la progression des créations d’emplois non agricoles à seulement 155 000, en deçà des attentes des analystes. Nous y voyons un indicateur avancé d’un affaiblissement des dépenses des ménages, ce qui nous conduit à envisager des positions défensives via des dérivés sur indices actions.
Stratégies d’atténuation des risques et positionnement défensif
Compte tenu de ces éléments, nous cherchons à acheter des protections contre un éventuel repli des marchés. L’indice de volatilité du CBOE (VIX) s’échange actuellement à proximité d’un niveau relativement bas, autour de 14, ce qui, selon nous, n’intègre pas pleinement le risque de ralentissement économique suggéré par cette enquête. Nous achèterons des options de vente (puts) sur l’ETF SPDR S&P 500 (SPY) et des options d’achat (calls) sur le VIX afin de couvrir nos portefeuilles contre une remontée de la volatilité.
Le durcissement de l’accès au crédit, classique prélude aux ralentissements, renforce notre posture défensive. Historiquement, lorsque ménages et entreprises peinent davantage à emprunter, l’activité économique se contracte au cours des deux trimestres suivants. Nous réduisons donc notre exposition aux secteurs cycliques et utilisons des options pour mettre en place des positions baissières sur des ETF du secteur financier, particulièrement sensibles aux conditions de crédit.
S’agissant des dérivés de taux, la persistance de l’inflation sous-jacente — dont la dernière publication s’est établie à 3,4 % — laisse peu de marge à la Fed pour assouplir sa politique. Nous anticipons une courbe des taux relativement plate, dans l’attente de données plus tranchées sur l’inflation ou l’emploi. Nous nous positionnons via des options sur futures SOFR (Secured Overnight Financing Rate), qui bénéficieront si les taux courts demeurent stables jusqu’au troisième trimestre.