Un responsable de la Banque du Japon (BoJ) a déclaré mercredi devant le Parlement que les conditions financières au Japon restent accommodantes et continuent de soutenir une activité économique solide, laissant ainsi une marge de manœuvre pour un nouveau durcissement monétaire. Il a également indiqué que les conditions d’emploi et de revenus s’améliorent modérément, tandis que le taux réel à long terme du Japon demeure négatif sur l’horizon court à moyen terme qui influence le plus l’activité économique.
Le responsable a ajouté que la hausse des taux longs renchérit les coûts d’emprunt des entreprises, mais que cet effet doit être mis en regard du maintien des profits des entreprises à des niveaux élevés. Les marchés ont peu réagi : le yen japonais est resté globalement stable, tandis que l’USD/JPY a légèrement reculé, évoluant près de 159,25 au moment de la rédaction.
Signaux de marché et perspectives de politique monétaire
Nous interprétons les derniers propos du responsable de la Banque du Japon comme un signal clair visant à préparer le marché à une nouvelle hausse de taux. Affirmer que les conditions financières restent faciles malgré la remontée des taux longs revient à donner le feu vert à la banque centrale pour resserrer davantage sa politique. Cette rhétorique suggère que la BoJ est de plus en plus confiante dans la capacité de l’économie à supporter des coûts d’emprunt plus élevés.
Cette lecture est confortée par des données récentes montrant que l’indice CPI « core » de Tokyo pour avril 2026 se maintient à 2,7 %, obstinément au-dessus de l’objectif de 2 % de la banque depuis plus d’un an. Par ailleurs, les négociations salariales annuelles (« shunto ») finales de 2026 ont débouché sur une hausse moyenne des salaires de 4,1 %, offrant un socle solide à la demande intérieure et à l’inflation. Ces statistiques renforcent notre conviction que la BoJ dispose des arguments nécessaires pour agir, probablement lors de sa réunion de juin ou de juillet.
Implications pour les devises, les obligations et les actions
Alors que l’USD/JPY se traite à 159,25, un niveau qui a historiquement déclenché des interventions significatives d’achat de yen, le risque apparaît orienté à la baisse pour la paire. Nous estimons que les opérateurs sur dérivés devraient envisager d’acheter des options d’achat (calls) sur JPY ou des options de vente (puts) sur USD/JPY expirant après la prochaine réunion de politique monétaire. Cela constitue une manière efficace en coût de se positionner sur un yen plus fort si la BoJ met en œuvre ses signaux plus restrictifs.
Nous anticipons également que les rendements des obligations d’État japonaises (JGB) poursuivront leur progression depuis le niveau actuel de 1,1 % sur le 10 ans. La minimisation par le responsable de l’impact de taux plus élevés sur les entreprises suggère que la BoJ tolérera des rendements plus hauts. Dans ce contexte, des swaps de taux positionnés sur une hausse des taux, ou la vente de contrats futures sur JGB, deviennent une stratégie de plus en plus attrayante au cours des prochaines semaines.
Enfin, même si les profits des entreprises sont actuellement élevés, il faut considérer l’effet potentiellement négatif d’une nouvelle hausse de taux sur le Nikkei 225. Historiquement, les premières phases d’un cycle de resserrement peuvent peser sur les actions à mesure que les coûts d’emprunt augmentent. Nous cherchons donc à acheter des options de vente (puts) de protection sur les futures de l’indice Nikkei afin de nous couvrir contre un éventuel repli du marché après la prochaine décision de la BoJ.