L’indice des prix à la consommation (CPI) de Tokyo hors produits alimentaires frais a progressé de 1,3 % sur un an en mai, une publication plus faible que prévu. Le consensus de marché tablait sur 1,5 %, soit un écart de 0,2 point de pourcentage sous les attentes.
Ce résultat indique un ralentissement du rythme de hausse des prix dans la capitale sur cet indicateur « core », largement suivi comme proxy des tendances d’inflation sous-jacentes au Japon.
Implications pour la politique de la Banque du Japon et le yen
Ce chiffre de CPI de Tokyo inférieur aux anticipations suggère que les pressions inflationnistes au Japon sont moins marquées qu’escompté. Cela donne à la Banque du Japon (BoJ) un argument de poids pour repousser toute hausse de taux ou toute réduction de ses achats d’actifs. Nous pensons que la banque centrale maintiendra une orientation accommodante au moins jusqu’à l’été.
Cette statistique conforte également le scénario d’une poursuite de la faiblesse du yen, alimentée par l’élargissement de l’écart de taux avec les autres grandes économies. La Réserve fédérale américaine, par exemple, maintient son taux directeur au-delà de 5 %, ce qui crée un différentiel de rendement de plus de 500 points de base au bénéfice du dollar. Nous voyons un chemin pour l’USD/JPY vers un test de ses plus hauts pluri-décennaux observés en 2024, avec une extension potentielle vers 162.
Stratégies de trading et perspectives pour les actions
Pour les opérateurs sur dérivés, cela plaide en faveur d’achats d’options call sur la paire USD/JPY. Une stratégie alternative consiste à mettre en place des carry trades, en empruntant en yen à faible coût pour investir dans des devises à plus haut rendement comme le dollar américain ou le peso mexicain. Nous nous attendons à ce que cet environnement perdure tant que la BoJ restera réticente à durcir sa politique.
La faiblesse du yen devrait également constituer un soutien pour les actions japonaises, en particulier pour les grands exportateurs. Nous considérons des positions longues sur les futures Nikkei 225 comme un trade attractif. D’après les données historiques de 2022 à 2024, une dépréciation du yen a été corrélée de manière régulière à de solides gains du Nikkei, les profits des entreprises à l’international s’étant accrus.
Il convient toutefois de rester attentif à une éventuelle intervention verbale du ministère des Finances si la dépréciation du yen devait s’accélérer. Néanmoins, sans inflexion fondamentale de la BoJ, une telle intervention ne devrait générer que de la volatilité de court terme et de meilleurs points d’entrée. La pression structurelle sur le yen demeurera tant que la BoJ ne signalera pas clairement un mouvement vers une normalisation.