Ueda : la hausse des prix du pétrole pèse sur le commerce extérieur du Japon, tandis que le conflit au Moyen-Orient maintient une reprise modeste

by VT Markets
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Apr 13, 2026
Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Kazuo Ueda, a indiqué que l’économie japonaise se redresse de manière modérée, même si des fragilités persistent en raison du conflit au Moyen-Orient. Il a précisé que l’inflation « sous-jacente » (inflation qui exclut les éléments les plus volatils, comme l’énergie et parfois l’alimentation) accélère progressivement vers l’objectif de la BoJ, et que la croissance comme les prix évoluent globalement conformément aux prévisions. Ueda a ajouté que les marchés financiers ont été instables à cause du conflit, et que l’inflation fait face à des risques à la hausse comme à la baisse. Il a expliqué que la hausse des prix du pétrole peut peser sur l’économie japonaise en dégradant les « termes de l’échange » (le rapport entre les prix des exportations et ceux des importations : quand le Japon paie plus cher ses importations d’énergie, il s’appauvrit à prix constants). Il a aussi noté que la hausse des anticipations d’inflation (ce que ménages et entreprises pensent que l’inflation sera) peut renforcer l’inflation sous-jacente.

Réaction du marché et contexte de politique monétaire

Aucun impact immédiat n’a été observé, l’USD/JPY progressant de 0,3% vers 159,70. La BoJ est la banque centrale du Japon et vise une inflation proche de 2%. En 2013, elle a lancé une politique monétaire très accommodante via un assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE, c’est-à-dire des achats massifs d’actifs pour injecter de la liquidité, autrement dit de l’argent disponible, dans le système financier). En 2016, elle a instauré des taux négatifs et mis en place un contrôle du rendement (pilotage) de l’obligation d’État à 10 ans, afin d’orienter les taux d’intérêt de marché. Puis, en mars 2024, elle a relevé ses taux, marquant un recul par rapport à cette politique très accommodante. Ces mesures de soutien ont affaibli le yen, un mouvement accentué en 2022 et 2023 lorsque d’autres banques centrales ont fortement relevé leurs taux. Le changement de cap en 2024 a en partie inversé la tendance, après une inflation passée au-dessus de 2% dans un contexte de yen faible et de hausse des prix mondiaux de l’énergie, la progression des salaires jouant aussi un rôle. La Banque du Japon indique ne pas vouloir relever rapidement ses taux. Les propos d’Ueda mettent en avant une approche prudente, ce qui signifie que le large écart de taux d’intérêt entre le Japon et les autres pays pourrait durer. Cet écart (différence de rémunération entre les placements en yen et dans d’autres devises) est un facteur majeur de la faiblesse du yen depuis plusieurs années.

Conséquences pour les intervenants de marché

La position prudente de la BoJ est confortée par les dernières données, avec une inflation « core » (inflation de base, en général hors produits frais et/ou énergie) à 2,1% en mars 2026, un niveau jugé maîtrisable. À l’inverse, une inflation persistante aux États-Unis maintient la politique de la Réserve fédérale restrictive, ce contraste expliquant la pression sur le yen. Sur les marchés, l’USD/JPY évolue près de 162,50, dans le prolongement de la tendance de 2025. Les interventions du ministère des Finances sur le marché des changes (achats/ventes de devises pour influencer le taux de change) n’avaient apporté qu’un répit temporaire. La fragilité du yen persiste tant que l’écart de taux reste important. Le conflit au Moyen-Orient ajoute de l’incertitude, avec un Brent au-delà de 95 dollars le baril. Cela pèse sur l’économie japonaise, mais accroît aussi le risque d’inflation plus élevée, comme l’a souligné Ueda. Dans ce contexte, la volatilité implicite sur les options de change (volatilité anticipée par le marché, intégrée dans le prix des options) peut redevenir un thème de marché. Pour les intervenants sur les produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, comme une devise), cela renforce l’intérêt d’options d’achat (call, droit d’acheter à un prix fixé) sur l’USD/JPY, afin de profiter d’une éventuelle nouvelle baisse du yen tout en limitant le risque de perte. Avec l’approche graduelle de la BoJ, des maturités (échéances) de trois à six mois peuvent être pertinentes. Compte tenu des avertissements sur des « mouvements instables », des stratégies centrées sur la volatilité méritent aussi l’attention. On se souvient des variations marquées des paires en yen pendant les négociations salariales du printemps 2025. Acheter un straddle (combinaison d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice, pari sur une forte variation dans un sens ou dans l’autre) avant la prochaine réunion de la BoJ peut permettre de tirer parti d’un mouvement de marché plus ample que prévu.

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