TD Valeurs mobilières affirme que la Banque du Canada évalue l’impact du pétrole, de la demande intérieure et des risques commerciaux; le PIB du T1 s’avère déterminant

by VT Markets
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Mar 5, 2026
TD Securities s’attend à ce que la Banque du Canada prenne en compte l’incertitude commerciale, la hausse des prix du pétrole et la demande intérieure (achats et investissements au Canada). Selon elle, le PIB (produit intérieur brut, la valeur de tout ce que le pays produit) doit croître au-dessus de son potentiel (le rythme « normal » que l’économie peut soutenir) pour éviter des risques de désinflation (ralentissement de la hausse des prix) et d’éventuelles baisses de taux, les données du T1 (premier trimestre) étant un test décisif. Le rapport de politique monétaire (MPR) de janvier de la Banque du Canada prévoyait une croissance de 1,8 %, tandis que TD Securities indique qu’une croissance nettement inférieure à 1,0 % ferait douter de l’orientation actuelle. Elle ajoute que la politique monétaire (les décisions sur les taux d’intérêt) peut ne pas réagir à une faiblesse structurelle (problèmes de long terme), mais pourrait réagir à des chocs cycliques (variations temporaires liées au cycle économique).

Prix du pétrole et perspectives de croissance

Le MPR de janvier 2026 supposait un WTI à 55 $/baril (WTI : pétrole de référence américain ; baril : unité de volume), alors que les niveaux actuels se situent autour de 75–80 $ pour le WTI/Brent (Brent : autre référence mondiale). Si ces prix se maintiennent, TD Securities estime qu’ils pourraient ajouter 0,4 à 0,5 point de pourcentage à la croissance et relever l’inflation (hausse générale des prix) d’un montant similaire, avec un IPC global (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) proche de 2,5 % d’ici le T4 (quatrième trimestre). Elle s’attend à ce que des prix de l’énergie plus élevés soutiennent une décision de statu quo (ne pas changer les taux) dans une décision serrée, mais note que la situation des consommateurs et les dépenses publiques (dépenses de l’État) pourraient compter davantage. Elle indique aussi que la Banque pourrait ignorer une hausse de l’inflation globale si elle ne se répercute pas sur les mesures de base. Les prix élevés de l’énergie soutiennent actuellement l’économie et vont à l’encontre des attentes de baisse des taux. Avec le pétrole WTI stable autour de 78 $ le baril après la décision de l’OPEP+ (groupe de pays producteurs de pétrole et alliés) le mois dernier de prolonger les réductions de production, les prix restent bien au-dessus de la prévision de janvier de la Banque (55 $). Cette hausse des prix soutient directement la croissance et l’inflation, ce qui rend plus difficile pour la Banque de justifier un assouplissement (rendre la politique monétaire moins stricte, par exemple baisser les taux).

Volatilité des taux et positionnement de trading

Cette situation suggère de se préparer à une volatilité (fortes variations) plus élevée sur les marchés des taux d’intérêt canadiens au cours des prochaines semaines. Des stratégies utilisant des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix donné) sur des contrats à terme (futures) liés aux acceptations bancaires (Bankers’ Acceptance : instrument de financement à court terme) pourraient être utiles, car elles peuvent profiter d’un mouvement important du marché dans un sens ou dans l’autre. La prochaine publication du PIB mensuel et des chiffres de l’emploi de février sera le prochain déclencheur majeur. Il faut garder à l’esprit que l’effet positif de l’énergie pourrait compter moins que la santé du consommateur canadien. En regardant les ventes au détail faibles du dernier trimestre 2025, on voit que les dépenses des ménages restent un point de fragilité. Tout signe que cette faiblesse se prolonge en début d’année pourrait facilement dépasser l’effet positif des prix du pétrole. Par conséquent, le dollar canadien traverse une période décisive face au dollar américain. Nous nous attendons à ce que la monnaie réagisse fortement aux prochains rapports d’inflation, en particulier aux mesures de l’IPC de base (inflation sous-jacente : inflation hors éléments très variables comme l’énergie et l’alimentation). Si l’inflation de base ne monte pas en même temps que le chiffre global tiré par l’énergie, cela indiquerait que la Banque du Canada peut ignorer le choc pétrolier et adopter une position plus accommodante (plus favorable à des baisses de taux).

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