TD Securities s’attend à un resserrement des équilibres pétroliers tout au long de l’été, même dans l’hypothèse où un accord global permettrait une réouverture complète du détroit d’Ormuz. L’analyse de scénarios de la banque pointe de forts déficits de juin à novembre, le manque culminant en juillet avant de se résorber vers la fin de l’année, les contraintes opérationnelles et les délais de redémarrage empêchant l’offre de rebondir rapidement malgré une amélioration du transit au Moyen-Orient.
Dans ce scénario de réouverture « meilleur des cas », TD estime que 1 Md de barils de production seraient perdus entre juin et novembre, tandis que les stocks reculeraient malgré tout de 800 M de barils. Avec l’arrivée en juillet et début août des cargaisons de juin, les cadences des raffineries asiatiques pourraient augmenter de 1,5 à 2 Mb/j ; toutefois, la baisse des flux issus des réserves stratégiques (SPR) combinée à une production contrainte laisserait le déficit de juillet à 9,7 Mb/j. De septembre à novembre, le redressement de l’offre moyen-orientale devrait réduire les déficits, la production retrouvant ses niveaux d’avant-guerre en novembre ; les exportations sont supposées remonter à environ 12 Mb/j via le détroit, tandis que 3 à 3,5 Mb/j supplémentaires continueraient d’emprunter les routes de contournement via Yanbu et Fujairah.
Perspectives de tension du marché pétrolier et opportunités d’investissement
Nous estimons que les marchés pétroliers sont en passe de se tendre nettement dans les prochaines semaines, indépendamment des gros titres sur un éventuel accord concernant Ormuz. Les données actuelles montrent déjà que les stocks commerciaux mondiaux de brut se situent sous leur moyenne quinquennale, offrant une marge de manœuvre très limitée face à toute perturbation de l’offre. Les fondamentaux suggèrent des déficits marqués cet été, même dans les scénarios les plus optimistes.
Le pic de cette tension est attendu en juillet, ce qui crée une opportunité claire pour des positions haussières. Nous anticipons que le déficit de marché pourrait dépasser 9 millions de barils par jour, à mesure que les raffineries asiatiques augmentent leur utilisation tandis que l’offre demeure contrainte. Cela plaide en faveur de l’achat d’options d’achat (calls) sur l’échéance la plus proche ou de spreads haussiers (bull call spreads) afin de capter un potentiel pic de prix à court terme.
Risques, volatilité et stratégies de trading
Il convient de se méfier des titres trop optimistes, tout accord potentiel devant encore franchir des obstacles logistiques et politiques significatifs avant de se traduire dans l’offre physique. Les précédents historiques de tensions géopolitiques — comme l’envolée des prix à près de 150 dollars en 2008 — illustrent à quelle vitesse le sentiment peut basculer lorsque les fondamentaux sont tendus. Dans cet environnement, la volatilité implicite devrait rester élevée, ce qui fait des options de maturité courte un outil pertinent.
À l’approche de la fin du troisième trimestre, le tableau de l’offre devrait s’améliorer à mesure que la production du Moyen-Orient revient progressivement. Cela pourrait créer une divergence entre des mois d’été extrêmement tendus et un marché plus équilibré à l’entrée du quatrième trimestre. En conséquence, nous envisageons des stratégies visant à tirer parti de cette structure, par exemple des positions longues sur les contrats juillet ou août contre des positions courtes sur des contrats livrables en novembre ou décembre.