Société Générale estime qu’une fermeture du détroit d’Ormuz propulserait le Brent vers 200 dollars, alors que les stocks s’érodent et que la récession s’aggrave

by VT Markets
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May 27, 2026

Societe Generale expose un scénario de stress à faible probabilité dans lequel le détroit d’Ormuz reste fermé jusqu’à fin 2026, avec des pertes d’approvisionnement persistantes, des dommages aux infrastructures et des interruptions intermittentes aggravant la récession mondiale. Dans ce contexte, le Brent est propulsé vers, et potentiellement au-dessus de, 200 $/baril, les prix augmentant suffisamment pour provoquer une destruction de la demande, tandis que les contraintes de politique économique accentuent l’étau. Les niveaux de stocks continuent de baisser malgré des relâchements accrus des réserves stratégiques de pétrole (SPR) vers environ 3 mb/j, maintenant le marché tendu et vulnérable à de nouvelles perturbations.

Le cadre de la banque suppose que la demande se contracte d’environ 7–8 mb/j au S2, pourtant la poursuite des prélèvements sur stocks pousse encore le Brent vers 200 $/baril et au-delà. Les stocks devraient reculer à environ 7,1 milliards de barils d’ici septembre, puis à près de 6,95 milliards de barils en fin d’année, étayant le scénario de prix approchant 200 $/baril et pouvant dépasser ce niveau. Sur cette trajectoire mensuelle jusqu’en 2026, le prix moyen annuel du Brent s’établirait autour de 148 $/baril, la réouverture étant repoussée à la fin 2026 et la tension se prolongeant jusqu’au début 2027 avant de s’atténuer à mesure que l’offre se normalise et que les stocks se reconstituent en 2027.

Stratégies sur dérivés face à un choc d’offre sévère

Compte tenu du choc d’offre en cours et du risque d’une interruption prolongée, nous estimons que le marché sous-évalue fondamentalement la probabilité d’un Brent atteignant 200 dollars le baril. Avec des prix déjà au-delà de 165 $ fin mai 2026, la voie de moindre résistance reste orientée à la hausse, alors que les stocks mondiaux se réduisent à un rythme alarmant. Notre priorité immédiate doit porter sur des stratégies sur dérivés qui profitent à la fois de la hausse des prix et d’une volatilité extrême.

Nous devrions acheter des options d’achat (calls) de longue maturité sur le troisième et le quatrième trimestres 2026, en visant des prix d’exercice compris entre 180 et 200 dollars. La volatilité implicite est déjà élevée, l’OVX ayant récemment atteint 95, un niveau inédit depuis la crise financière de 2008, mais le potentiel de mouvements haussiers explosifs justifie la prime. Ces positions nous offrent une exposition importante à la hausse tout en définissant clairement notre risque maximal.

Marchés physiques tendus et implications de trading

Les données du marché physique confortent cette posture offensive. Le rapport hebdomadaire de l’AIE a fait état la semaine dernière d’un déstockage mondial de plus de 25 millions de barils, et le suivi satellite confirme que le trafic de tankers autour du cap de Bonne-Espérance a augmenté de 400 %, ajoutant des semaines aux délais de livraison. Ce cauchemar logistique provoque une contrainte sévère et immédiate sur l’offre livrable, en particulier pour les raffineurs européens et asiatiques.

La situation rappelle fortement la hausse rapide des prix de 2008, mais le déficit d’offre actuel est nettement plus grave et structurel. À l’époque, les contrats à terme sur le Brent avaient progressé de plus de 40 % en quelques mois avant de culminer. Nous voyons un schéma similaire se dessiner aujourd’hui, la destruction de la demande n’ayant pas encore été suffisante pour rééquilibrer le marché.

Nous conserverons donc un biais haussier marqué pendant l’été. Nous suivons de près des données économiques à haute fréquence, comme la demande hebdomadaire d’essence et les chiffres de production industrielle, afin de détecter les premiers signes tangibles d’une récession mondiale susceptible de plafonner le rallye des prix. Tant que ces preuves n’apparaissent pas, chaque repli du marché doit être considéré comme une opportunité d’achat.

La courbe des contrats à terme se trouve en situation de backwardation extrême, les échéances du mois en cours s’échangeant avec une prime significative par rapport aux échéances plus lointaines. Cette structure traduit une ruée désespérée vers des barils disponibles immédiatement. Nous pouvons en tirer parti via des spreads calendaires, en vendant le contrat du premier mois et en achetant un contrat différé afin de capter le rendement de roulement tant que la courbe demeure tendue.

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