Le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Gediminas Šimkus, a déclaré mercredi que les risques d’inflation restent orientés à la hausse, laissant une marge pour un nouveau durcissement monétaire. Il s’attend à ce que la banque centrale procède à au moins une hausse supplémentaire des taux, estimant que l’ancrage des anticipations d’inflation est essentiel pour maintenir l’inflation autour de son objectif à moyen terme.
Sur les marchés, l’EUR/USD a peiné à trouver une demande durable en début de séance européenne, les investisseurs restant prudents avant la décision de la Fed (FOMC) sur les taux. Malgré tout, un positionnement plus ferme en faveur d’au moins une nouvelle hausse de la BCE a apporté un certain soutien à la paire.
Signaux restrictifs de la BCE et chiffres d’inflation plus élevés
Les commentaires de responsables de la BCE suggèrent un tournant plus restrictif que nous estimons sous-évalué par le marché. Avec une inflation en zone euro pour mai 2026 ressortie plus élevée que prévu à 2,8 %, ces propos sur la nécessité d’au moins une hausse de taux supplémentaire pèsent lourd. Cela remet en cause l’idée dominante selon laquelle le cycle de resserrement de la BCE serait définitivement terminé.
Stratégies de trading sur les marchés des changes et des taux
Pour les traders centrés sur les dérivés de change, nous voyons une opportunité sur l’EUR/USD. Le marché a intégré une période de statu quo monétaire ; il convient donc d’envisager l’achat d’options call de court terme afin de se positionner sur un potentiel rebond de l’euro. Par exemple, des calls EUR/USD échéance juillet 2026 avec un strike autour de 1,1000 paraissent attractifs, car ils offrent une exposition à la hausse avec un risque défini.
Ce possible changement d’orientation de politique monétaire a aussi un impact direct sur les marchés de taux. Il serait pertinent de vendre des contrats futures de taux courts, comme les Euribor décembre 2026, afin de miser sur des taux à court terme plus élevés que ceux actuellement intégrés. Historiquement, lorsque la BCE a laissé entrevoir une hausse surprise, ces contrats de la partie courte de la courbe se sont ajustés rapidement et ont pu offrir des performances significatives.
Compte tenu de l’incertitude accrue autour de la prochaine décision de la BCE, nous anticipons également une remontée de la volatilité de marché. Acheter des contrats à terme sur l’indice VSTOXX, qui suit la volatilité de l’Euro Stoxx 50, pourrait constituer une stratégie prudente pour profiter des mouvements de prix plus amples attendus dans les prochaines semaines. Cette approche fait à la fois office de couverture et de pari direct sur une hausse de la nervosité des marchés.
La situation rappelle 2011, lorsque la BCE avait relevé ses taux à deux reprises, privilégiant la lutte contre l’inflation au détriment des inquiétudes liées à la croissance. Si les responsables donnent à nouveau le sentiment d’une focalisation quasi exclusive sur l’inflation, des positions sur dérivés misant sur un euro plus fort et des taux courts plus élevés pourraient être bien calibrées. Il faut agir avant que ce biais restrictif ne soit pleinement reflété dans les prix de marché.