Perspectives de politique monétaire après le choc énergétique
Le rapport indique que les mesures économiques d’urgence du gouvernement, comme le plafonnement des prix des carburants, devraient rester en place pour le moment. Il précise aussi que ces mesures peuvent fausser les signaux de prix (les informations données par les prix sur l’inflation et la demande) qui guident habituellement la politique monétaire. Commerzbank estime que la politique monétaire réagit désormais à un choc géopolitique, en partie amorti par la politique budgétaire (dépenses publiques et mesures fiscales), plutôt qu’au cycle économique normal. Dans ces conditions, la banque s’attend à ce que la NBP reste en pause. Le choc des prix de l’énergie provoqué par le récent conflit en Iran a profondément modifié le cadre de la politique monétaire en Pologne. Le cycle d’assouplissement de la Banque nationale de Pologne, actif jusqu’au mois dernier, s’est arrêté net. Les dernières données du GUS (office polonais des statistiques) pour mars 2026 vont dans ce sens: l’inflation totale («headline», c’est‑à‑dire l’inflation globale) est remontée à 5,1%, tirée par la forte hausse des coûts des carburants. Dans la foulée, les anticipations de marché sur les taux polonais ont été nettement révisées, notamment via les dérivés de taux (produits financiers dont la valeur dépend des taux d’intérêt). Les Forward Rate Agreements, ou FRA (contrats qui fixent à l’avance un taux d’intérêt futur), qui intégraient au moins 50 points de base de baisses début 2026, se sont retournés: ils n’anticipent plus d’assouplissement pour le reste de l’année. Le marché s’attend désormais à un taux directeur (le principal taux fixé par la banque centrale) stable à 5,25% pour une période prolongée.Positionnement de marché et niveaux à surveiller
La politique monétaire est désormais très dépendante du prix du Brent (pétrole de référence en Europe), autour de 98 dollars le baril. Cette réaction rappelle 2022, lorsque les banques centrales avaient dû répondre à des chocs énergétiques externes. Dans ce contexte, les investisseurs ne doivent pas s’attendre à un tournant accommodant («dovish pivot», c’est‑à‑dire un changement de ton vers davantage de baisses de taux) de la banque centrale. Cela suggère qu’un positionnement misant sur des taux polonais durablement élevés est l’approche la plus cohérente. Parmi les stratégies possibles: recevoir du taux fixe sur des swaps de taux polonais (contrats d’échange de taux où l’on encaisse le taux fixe et paie un taux variable, ce qui profite si les taux baissent ou restent bas par rapport au fixe), ou vendre des swaptions payer hors‑la‑monnaie (options sur swaps donnant le droit de payer le fixe; «hors‑la‑monnaie» signifie que le prix d’exercice est peu probable, donc une stratégie qui parie contre une hausse des taux). Malgré la volatilité du zloty, la NBP au ton restrictif («hawkish», c’est‑à‑dire favorable à des taux élevés pour lutter contre l’inflation) soutient le taux de change EUR/PLN, le maintenant proche de 4,35 (un niveau de soutien, autrement dit un plancher implicite). Le signal clé d’un changement serait une forte baisse du pétrole. Les baisses de taux ne redeviendraient envisageables que si le Brent passait clairement sous 70 dollars le baril. Tant qu’il n’y a pas de désescalade géopolitique, la NBP devrait rester en pause.
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