Rabobank avertit que les risques de transit dans le détroit d’Ormuz persistent malgré les discussions entre les États-Unis et l’Iran, avec des incertitudes sur les délais d’acheminement du pétrole

by VT Markets
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Jun 16, 2026

Rabobank a indiqué que les informations faisant état de progrès vers une entente entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas dissipé les risques autour du détroit d’Ormuz, dans la mesure où seul un bref mémorandum a été acté et où les éléments essentiels restent non résolus. La banque a souligné des anticipations contradictoires quant au calendrier d’une normalisation des flux : un responsable américain a évoqué 1 à 2 semaines pour remettre l’énergie en mouvement, alors que des experts maritimes ont parlé de 40 à 50 jours. Même dans ce cas, l’acheminement des cargaisons vers les marchés finaux pourrait encore prendre des semaines si un exode de navires bloqués s’enclenche, même si, selon certaines informations, trois pétroliers iraniens et deux navires transportant des biens essentiels auraient franchi ce matin le blocus naval américain.

L’Iran a déclaré que les navires pouvaient transiter librement par Ormuz pendant une période de négociation de 60 jours avec les États-Unis, mais qu’au-delà il imposerait de facto des droits de passage, une position à laquelle Washington s’oppose. Rabobank estime que ce calendrier crée une incertitude opérationnelle pour les transporteurs de brut, qui doivent décider s’ils réempruntent la route une fois qu’ils l’ont quittée. La banque a également pointé le risque d’un effondrement dans les mois à venir si Téhéran n’obtient pas les avantages promis, ce qui pourrait réduire les incitations à maintenir le passage ouvert, tandis que les États du Conseil de coopération du Golfe développent des chaînes d’approvisionnement alternatives.

Incertitude et volatilité des flux pétroliers

Nous voyons le marché réagir aux titres sur une entente États-Unis–Iran, mais les détails laissent entrevoir une forte incertitude sur les flux pétroliers. Des informations contradictoires situent la réouverture du détroit d’Ormuz entre deux semaines et près de deux mois. Cet écart de calendrier, à lui seul, constitue une source majeure de volatilité potentielle.

Les enjeux sont considérables : environ 21 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers transite par ce seul goulet d’étranglement, selon l’Energy Information Administration (EIA) américaine. Alors que le Brent évolue actuellement autour de 84 dollars le baril, toute perturbation effective pourrait provoquer un net pic des prix. Nous estimons que le calme actuel du marché est fragile et ne reflète pas le niveau réel de risque lié à un possible revers des négociations.

Historiquement, les chocs géopolitiques dans la région ont entraîné des hausses de prix brutales et rapides. Par exemple, les attaques de drones visant des installations pétrolières saoudiennes en septembre 2019 ont fait bondir les contrats à terme sur le Brent de près de 15 % en une seule séance. La situation actuelle, avec l’échéance de 60 jours fixée par l’Iran, présente un potentiel similaire, voire supérieur, de choc d’offre.

Implications de trading et risques

Dans ce contexte, nous envisageons d’acheter des options d’achat (calls) hors de la monnaie sur les contrats à terme WTI et Brent. Ces options constituent un moyen relativement peu coûteux de s’exposer à un mouvement haussier marqué si l’accord venait à échouer. Nous ciblons plus précisément des échéances fin août et septembre 2026, au-delà de la fenêtre de négociation de 60 jours mentionnée par l’Iran.

Le risque clé réside dans la menace iranienne d’imposer des droits de passage après 60 jours, une décision à laquelle les États-Unis s’opposeront à coup sûr. Cela crée un point de friction géopolitique évident susceptible de faire voler en éclats l’ensemble de l’entente. Nous pensons que le marché des options sous-évalue actuellement la probabilité que cet événement précis débouche sur un regain de tensions.

Au-delà du pétrole brut lui-même, un autre angle est à considérer dans le secteur du transport maritime. Les opérateurs de pétroliers font face à un choix délicat : accepter le risque de revenir dans le détroit, ce qui pourrait entraîner une hausse marquée des primes d’assurance « war risk » et des taux de fret. Cela pourrait créer des opportunités de trading sur les actions des grandes compagnies de transport de pétroliers.

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