L’ancien président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a averti que permettre à un président américain de révoquer des responsables de la Fed pour des désaccords de politique monétaire saperait la confiance du public, indispensable à une économie robuste et stable, a rapporté Bloomberg lundi. Ces déclarations interviennent alors que la Cour suprême des États-Unis examine le cas de la gouverneure de la Réserve fédérale Lisa Cook, que le président Donald Trump a cherché à évincer sur fond d’allégations de fraude hypothécaire. Lisa Cook a nié ces accusations.
Jerome Powell a également mis en garde : si une administration ouvrait la voie à la révocation de responsables de la Fed pour des raisons de politique monétaire, les administrations suivantes feraient de même, entamant la crédibilité de l’institution, construite sur plusieurs décennies. Sur les marchés, l’indice du dollar américain (DXY) progressait de 0,13% sur la séance, à 99,05 au moment de la rédaction.
Intensification de la pression politique et incertitude des marchés
Nous suivons de près la pression politique exercée sur la Réserve fédérale, son indépendance constituant la pierre angulaire d’une politique monétaire stable. Cette situation introduit un degré élevé d’incertitude qui ne peut être modélisé à partir des seules données économiques. Dans les semaines à venir, les mouvements de marché seront autant guidés par les gros titres en provenance de Washington que par les publications sur l’inflation.
Cette incertitude politique est un catalyseur direct d’une volatilité accrue des marchés. L’indice de volatilité du CBOE (VIX), qui évolue actuellement autour de 19, devrait subir une pression haussière notable à mesure que les traders intègrent une gamme plus large de scénarios possibles pour la politique de taux. Nous estimons qu’un positionnement en vue d’un pic de volatilité via des options sur le S&P 500 constitue une stratégie défensive prudente.
Stratégies d’investissement dans un environnement politiquement instable
La négociation de dérivés de taux d’intérêt, tels que les futures Fed Funds, est devenue exceptionnellement risquée. Le marché ne peut plus fixer avec assurance le prix des décisions futures de taux sur la base de données comme la récente hausse annuelle de l’IPC à 3,1%. Il faut désormais tenir compte d’actions à motivation politique, ce qui rend les paris de long terme sur les taux peu fiables tant que cette crise de gouvernance n’est pas résolue.
L’indice du dollar (DXY) à 99,05 reflète l’incertitude immédiate, mais le risque de long terme penche nettement à la baisse. Une Fed politiquement compromise éroderait la confiance mondiale dans le dollar, pilier de son statut de monnaie de réserve. Nous envisageons des options de change afin de couvrir le risque d’un repli du DXY vers la zone 95-96, observée lors de périodes précédentes d’instabilité de la politique économique.
Cet environnement plaide pour une posture défensive sur les marchés actions, les investisseurs institutionnels pouvant réduire leur exposition aux actifs risqués. Le S&P 500 a montré des signes de faiblesse ces dernières séances, peinant à préserver le seuil des 6 000 points dans ce contexte. Nous jugeons pertinent d’utiliser des options de vente sur indices pour protéger les portefeuilles contre une éventuelle correction, alimentée par un bras de fer constitutionnel autour de l’autorité de la Fed.