Sim Moh Siong, d’OCBC, a indiqué que la réaction « risk-on » consécutive au mémorandum d’entente américano-iranien du 14 juin, dont la signature est visée le 19 juin, n’a entraîné qu’un léger repli des rendements américains et un modeste affaiblissement généralisé du dollar. La banque attribue la résilience du billet vert à la prudence face à la perspective d’issues potentiellement « hawkish » de la Réserve fédérale avant la réunion du FOMC cette semaine, à des positionnements contraints à l’approche de l’événement, ainsi qu’à la poursuite des investissements tirés par l’IA, qui soutiennent la demande de main-d’œuvre et étayent une trajectoire de croissance américaine relativement ferme par rapport à ses pairs. OCBC reste neutre sur le dollar et privilégie des stratégies de change en croisements plutôt que des positions vendeuses franches sur l’USD.
Les conditions du marché pétrolier sont également présentées comme un frein à toute nouvelle baisse du dollar. Le Brent a reculé autour de 83 USD le baril, proche de nombreuses prévisions de fin d’année, et OCBC s’attend à un glissement vers 80 USD d’ici la fin de l’année, tout en soulignant que les risques sont orientés à la hausse. Même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz, la note estime que la normalisation serait probablement graduelle : le déminage, le rétablissement des assurances, la remise en route des productions mises à l’arrêt et la constitution de stocks de précaution pourraient tous ralentir une nouvelle détente des prix du pétrole ; elle mentionne aussi le rebond de devises d’importateurs de pétrole des pays émergents comme l’IDR, l’INR et le PHP.
Risques de baisse limités et stratégies sur options pour le dollar américain
Nous anticipons une baisse limitée du dollar américain dans les prochaines semaines, de sorte que le vendre à découvert « en direct » nous paraît risqué. Les marchés se montrent clairement prudents avant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale la semaine prochaine. Dans ce contexte, se positionner à l’achat sur la volatilité ou prendre un pari directionnel marqué contre le dollar apparaît peu attractif.
La résilience de l’économie américaine, largement portée par les investissements liés à l’IA, continue de soutenir un marché du travail solide. À titre d’exemple, le dernier rapport sur l’emploi publié début juin a fait état de 272 000 créations de postes, maintenant des pressions salariales fermes. Cette solidité sous-jacente renforce notre conviction que la Fed ne sera pas incitée à baisser ses taux dans la précipitation.
Pour les intervenants sur options, cela suggère que la vente de puts hors-la-monnaie sur le dollar peut constituer une stratégie pertinente afin d’encaisser de la prime. Avec une volatilité de marché, mesurée par l’indice VIX, évoluant autour d’un niveau relativement bas de 13, c’est une manière de tirer parti du scénario selon lequel une chute brutale est improbable. Cette approche bénéficie à la fois de l’érosion temporelle et de la stabilité attendue du dollar.
Les prix du pétrole offrent également un plancher au dollar, limitant son potentiel de repli. Même avec le récent entendement entre les États-Unis et l’Iran, le Brent reste ferme autour de 85 USD le baril, et nous n’anticipons pas de passage significatif en dessous de 80 USD. Toute normalisation de l’offre mondiale sera lente, ce qui devrait maintenir les prix de l’énergie — et donc le dollar — soutenus.
Stratégies en croisements FX dans un contexte d’incertitude sur la Fed
Compte tenu de l’incertitude entourant la politique de la Fed, nous privilégions des opérations de change en croisements n’impliquant pas le dollar américain. Cela permet de se positionner sur la force relative d’autres économies, comme l’euro face au yen japonais, sans être exposé à un mouvement brusque lié à la Fed. Les contrats à terme ou options sur des paires comme l’EUR/JPY ou l’AUD/NZD permettent de contourner le principal risque événementiel.