Les analystes de Nordea s’attendent à ce que le dollar américain demeure soutenu au cours des prochains mois, invoquant des données américaines solides et une posture de la Réserve fédérale qu’ils jugent relativement « faucon ». Selon eux, la croissance et l’inflation aux États-Unis sont compatibles avec des rendements plus élevés que ceux des marchés comparables, ce qui devrait limiter, à court terme, le potentiel de baisse du billet vert.
À moyen terme, les analystes anticipent néanmoins une dépréciation graduelle à mesure que la croissance mondiale s’élargit et que les autres banques centrales poursuivent leurs cycles de resserrement. Ils estiment aussi que la Fed maintiendra ses taux plus élevés plus longtemps que ce que les marchés intègrent actuellement, maintenant les rendements américains à un niveau élevé et soutenant le dollar face à la plupart des grandes devises dans les prochains trimestres. Les risques sont décrits comme bilatéraux : un ralentissement américain plus marqué que prévu pourrait entraîner des baisses de taux plus précoces de la Fed et affaiblir le dollar, tandis qu’un regain d’inflation ou de nouvelles surprises haussières des statistiques américaines pourraient prolonger la vigueur du billet vert.
Soutien du dollar à court terme et stratégies de trading
Nous voyons le dollar américain rester soutenu dans les prochaines semaines. La Réserve fédérale devrait maintenir des taux d’intérêt élevés, d’autant que le dernier rapport CPI de mai a montré une inflation toujours tenace à 3,6 %. Cette fermeté, combinée à un marché du travail robuste qui a créé 210 000 emplois le mois dernier, confère au dollar un avantage face à ses pairs.
Pour les traders de dérivés, cela plaide pour la mise en place de stratégies bénéficiant d’un dollar fort à court terme. Nous envisagerions d’acheter des options d’achat (calls) sur des fonds indexés sur le dollar ou de vendre des options de vente (puts) sur des devises comme l’euro ou le yen, avec des échéances juillet et août 2026. Cette approche est cohérente avec l’idée que les rendements américains, attractifs autour de 4,5 % sur le Treasury à 10 ans, continueront d’attirer des capitaux.
Perspectives à moyen terme et gestion des risques
Nous devons toutefois rester tactiques, car cette vigueur du dollar pourrait ne pas durer au-delà de quelques mois. Historiquement, lorsque la croissance mondiale se synchronise et que d’autres banques centrales, comme la BCE, commencent à combler l’écart de taux, l’attrait du dollar s’estompe. Nous surveillons donc des signes d’amélioration des données économiques en Europe, susceptibles de signaler un point d’inflexion plus tard dans l’année.
Compte tenu du risque d’un ralentissement américain plus marqué que prévu, nous devrions protéger nos positions. Cela peut se faire en achetant des options de vente (puts) sur le dollar, hors de la monnaie, relativement peu coûteuses, à titre de couverture. Elles joueraient un rôle d’assurance contre un virage de politique monétaire de la Fed vers des baisses de taux plus rapides que ce que le marché anticipe.