Nomura a indiqué que la récente appréciation du dollar a été soutenue par des publications macroéconomiques américaines solides, une réévaluation des anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale et une période prolongée de surperformance des actions américaines, malgré un récent repli. La banque estime toutefois que le trade « d’exceptionnalisme américain » apparaît de plus en plus exposé, à mesure que le seuil pour de nouvelles surprises statistiques positives se relève et que le positionnement de marché devient plus tendu.
En s’appuyant sur l’historique complet de l’US Economic Surprise Index, Nomura a identifié 41 occurrences où l’indicateur a franchi 60, un niveau autour duquel il évolue depuis une semaine. Elle a ensuite évalué la performance ultérieure du dollar américain face à l’ensemble des devises du G10, ainsi qu’en base équipondérée, sur 1 semaine et 2 semaines, puis à 1 mois et 3 mois. Lorsque le seuil était relevé à 70, les performances étaient plus systématiquement négatives sur chaque horizon, ce qui suggère que des surprises américaines fortes ont, par le passé, davantage précédé une faiblesse du dollar qu’un renforcement dans les mois suivants.
Les haussiers sur le dollar face à un positionnement encombré et un sentiment tendu
Nous reconnaissons les arguments en faveur du dollar américain, portés par des statistiques économiques robustes et l’anticipation d’un maintien des taux par la Fed. Toutefois, ce biais haussier devient consensuel : les dernières données de la CFTC montrent que les positions spéculatives longues sur le dollar ont atteint un plus haut de 18 mois. Un tel étirement du positionnement rend la devise vulnérable à un changement de narration.
L’Economic Surprise Index suggère un possible point de retournement
L’indicateur clé que nous surveillons est l’US Economic Surprise Index, qui se situe actuellement à un niveau élevé de 68,5. Si cela reflète une série de publications meilleures qu’attendu, la barre pour de nouvelles surprises positives est désormais extrêmement haute. L’histoire montre que lorsque cet indice atteint de tels niveaux, il marque souvent un point d’optimisme maximal juste avant un retournement.
Historiquement, lorsque l’indice des surprises a franchi le seuil de 70, le dollar s’est régulièrement affaibli face aux devises du G10 sur les un à trois mois suivants. Cette configuration plaide pour envisager une protection contre le risque de baisse ou des positions spéculatives baissières sur le dollar. Nous estimons que l’achat d’options de vente (« puts ») hors de la monnaie sur l’indice Dollar (DXY), avec des échéances en août ou septembre, offre un moyen efficient en coût de se positionner sur ce potentiel retournement.
Un catalyseur possible pourrait être un assouplissement du marché du travail, comme le suggère la remontée du taux de chômage à 4,0 % en mai 2026 malgré une création d’emplois robuste. Nous nous intéressons donc à des structures telles que des spreads de calls sur l’EUR/USD, alors que la zone euro montre des signes de reprise cyclique. Cela permet de capter un potentiel de hausse lié à un affaiblissement du dollar, avec un risque défini.