Les risques de marché restent élevés
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a signalé des dommages sur des infrastructures énergétiques, ce qui pourrait ralentir la reprise de l’offre (c’est-à-dire la quantité de pétrole et de gaz disponible sur le marché). Son directeur, Fatih Birol, a indiqué qu’environ 75 actifs énergétiques (installations comme des sites de production, terminaux ou dépôts) avaient été endommagés de façon « sévère ou très sévère ». Les coûts de reconstruction sont estimés à environ 25 milliards de dollars, avec des infrastructures gazières et des raffineries parmi les plus touchées. Des perturbations d’approvisionnement devraient se poursuivre, surtout pour le gaz et les distillats moyens (carburants issus du raffinage comme le diesel et le kérosène). Après l’annonce du cessez-le-feu, les prix du gaz en Europe ont reculé brièvement de près de 20 %. Même avec un détroit d’Ormuz ouvert pendant 14 jours, les conditions d’approvisionnement restent complexes. Le marché du gaz reste sous tension, avec des prix toujours nettement au-dessus des niveaux d’avant crise.Implications pour le trading et le positionnement
Nous observons un Brent autour de 95 dollars le baril après le soulagement initial lié au cessez-le-feu de deux semaines. Le repli depuis plus de 110 dollars offre un répit, mais le prix reste supérieur aux niveaux d’avant conflit observés en 2025. Cette prime (surcoût par rapport à un niveau « normal ») traduit l’inquiétude sur la solidité de la trêve. Ce cessez-le-feu accroît l’incertitude, ce qui favorise une forte volatilité (variations rapides et importantes des prix) dans les prochaines semaines. Par le passé, lors de tensions géopolitiques comparables, l’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE, l’OVX (mesure de la volatilité attendue à partir des prix des options), a dépassé 50, notamment en 2022. Les investisseurs peuvent donc envisager des stratégies qui profitent de grands mouvements de prix, car le marché réagira vivement à toute information sur une violation ou une prolongation du cessez-le-feu. Les dommages sur 75 actifs énergétiques sont un facteur majeur. Il ne s’agit pas de réparations rapides, et la perturbation sur les distillats moyens se reflète déjà dans les marges de raffinage (écart entre le prix des produits raffinés et celui du brut). Le crack spread (écart de prix entre le pétrole brut et des produits raffinés, indicateur de rentabilité des raffineries) s’est élargi à près de 35 dollars par baril. Cela montre un marché tendu pour le diesel et le carburant aviation, pression qui pourrait durer au-delà de ces deux semaines. Les prix européens du gaz naturel sont aussi à suivre de près comme marché connexe. La baisse temporaire de 20 % des contrats à terme TTF (référence néerlandaise du gaz en Europe; un contrat à terme est un prix fixé aujourd’hui pour une livraison future) illustre le lien étroit entre pétrole et gaz depuis la crise énergétique de 2022. Un regain de tension pourrait faire remonter nettement les deux marchés. Dans ce contexte, le récent repli des prix peut apparaître comme une opportunité de se positionner à la hausse, par exemple via des options d’achat (call options: droit d’acheter à un prix fixé, ce qui limite la perte au montant payé). Acheter des options avec une échéance de trois à six mois permettrait de réduire l’impact du bruit de court terme et de viser un resserrement de l’offre attendu plus tard dans l’année. Pour ceux qui ne veulent pas parier sur le sens du mouvement mais anticipent un mouvement important, un straddle acheteur (achat simultané d’un call et d’une option de vente, un put, au même prix d’exercice) peut être adapté.
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