L’or a reculé mercredi, des statistiques américaines solides et un regain de tensions au Moyen-Orient ayant soutenu le dollar et renforcé les anticipations d’une trajectoire de taux « plus élevés plus longtemps ». Le XAU/USD s’échangeait autour de 4 447 $, en baisse de près de 2,0 % depuis le début de la semaine, tandis que l’indice du dollar (DXY) évoluait près de 99,45, en hausse de 0,25 % sur la séance, les marchés attendant le rapport américain sur l’emploi (Nonfarm Payrolls) de vendredi. Les créations d’emplois dans le secteur privé ont progressé de 122 000 en mai, contre 105 000 en avril, au-dessus du consensus (117 000), et l’ISM des services a grimpé à 54,5 contre 53,6, dépassant la prévision de 53,8.
Le Central Command américain a indiqué que les forces américaines avaient intercepté plusieurs missiles balistiques iraniens et des drones visant le Koweït et Bahreïn, avant de frapper une station de contrôle au sol militaire iranienne sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. La hausse des prix du pétrole et le raffermissement des rendements des Treasuries ont pesé sur le métal, alors que les marchés intègrent une politique de la Réserve fédérale inchangée jusqu’à la fin de l’année, ainsi qu’une probabilité d’environ 40 % d’une hausse de 25 points de base en décembre. Sur le plan technique, le XAU/USD évolue sous le point milieu (SMA) des bandes de Bollinger, proche de 4 568 $, avec une résistance également autour de 4 752 ; le support se situe vers 4 384 $, tandis que le RSI avoisine 39 et l’ADX près de 25.
Perspectives sur l’or et stratégies de trading
Nous observons une pression significative sur l’or, et la voie de moindre résistance semble orientée à la baisse à court terme. Le dollar américain, désormais bien ancré autour de 99,45, constitue le principal facteur défavorable au métal précieux. Dans cet environnement, tout rebond de l’or a de fortes chances d’être vendu.
Le rapport de vendredi sur les créations d’emplois non agricoles (Nonfarm Payrolls) est le prochain rendez-vous majeur que nous surveillons. Étant donné que le rapport du mois dernier a fait état d’une hausse robuste de plus de 250 000 emplois, une nouvelle publication solide consoliderait probablement les paris sur une Fed plus restrictive. Il convient de se préparer à une volatilité accrue autour de cette publication.
Dans ce contexte, nous estimons que l’achat d’options de vente (puts) sur les contrats à terme sur l’or constitue une stratégie prudente. Cela permet de tirer parti d’une baisse potentielle des prix tout en définissant strictement le risque maximal au montant de la prime payée. Nous visons un mouvement en direction du support clé proche de 4 384 $ dans les prochaines semaines.
Facteurs du biais baissier et alternatives
La persistance de l’inflation aux États-Unis, les dernières données de l’indice des prix à la consommation (CPI) affichant un rythme annuel de 3,3 %, conforte ce scénario baissier pour l’or. Tant que l’inflation reste nettement au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale, les responsables monétaires ont peu d’incitation à envisager un assouplissement. Ce contexte favorise des rendements plus élevés et un dollar plus fort, ce qui est défavorable à l’or, actif sans rendement.
Pour les traders ayant une vision baissière moins agressive, la mise en place de « bear call spreads » permet de générer un revenu si l’or demeure sous la résistance clé proche de 4 568 $. Cette stratégie peut être efficace si le prix consolide avant une nouvelle jambe de baisse. Nous avons déjà observé une dynamique similaire, par exemple en 2022, lorsque le durcissement agressif de la Fed a régulièrement plafonné le potentiel haussier de l’or.
Contrairement au passé, les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient ne constituent pas un soutien pour l’or. Au contraire, ces événements orientent les flux de valeur refuge directement vers le dollar américain. Cela fait du billet vert l’actif défensif privilégié, privant l’or de son attrait traditionnel en période de conflit.