L’or a gagné plus de 1,50 % vendredi, alors que des informations indiquaient que l’Iran et les États-Unis étaient proches d’un accord visant à prolonger le cessez-le-feu de 60 jours et à permettre des discussions sur le programme nucléaire iranien. Le XAU/USD s’échangeait à 4 563 $ après avoir rebondi depuis 4 489 $. Des sources ont indiqué que le détroit d’Ormuz rouvrirait en cas d’accord et que l’US Navy lèverait son blocus, tandis que Reuters citait une source iranienne affirmant qu’une compréhension politique avait été atteinte mais n’était pas finalisée. Le pétrole a reculé dans le même temps, le WTI perdant plus de 1,50 %, un mouvement qui pourrait atténuer l’inflation tirée par l’énergie et réduire la pression sur les banques centrales envisageant un durcissement de leur politique.
Aux États-Unis, les données ont montré un resserrement du déficit commercial et un retour de l’activité du Midwest en zone d’expansion, l’indice PMI de Chicago étant monté à 62,7 en mai contre 49,2 et au-dessus des 50,5 attendus. Des chiffres publiés plus tôt ont établi la croissance du PIB du 1er trimestre 2026 à 1,6 %, révisée en baisse depuis 2 %, tandis que l’indice des prix PCE sous-jacent de la Fed a progressé de 3,3 % en glissement annuel en avril contre 3,2 % en mars. Les anticipations de taux ont évolué, les marchés intégrant environ 42 % de probabilité d’une hausse. Sur le plan technique, l’or a reconquis le seuil de 4 500 $ ; la résistance se situe à la moyenne mobile simple (SMA) à 20 jours à 4 588 $, puis 4 600 $, la SMA à 50 jours à 4 630 $ et la SMA à 100 jours à 4 798 $, tandis que les supports sont identifiés à 4 450 $, la SMA à 200 jours à 4 399 $ et 4 366 $.
Anticipations de taux et attrait de l’or
Nous interprétons le récent rebond de l’or comme une réaction à l’évolution des anticipations de taux, plutôt que comme un classique mouvement de fuite vers la sécurité. La perspective d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran pèse sur les prix du pétrole, ce qui réduit à son tour la pression sur la Réserve fédérale pour relever ses taux. Cela rend plus attrayant, pour les prochaines semaines, le fait de détenir un actif sans rendement comme l’or.
Ce changement se reflète sur le marché obligataire, où les rendements des Treasuries américains à 10 ans ont reculé de 15 points de base cette semaine, à 4,35 %. Les contrats à terme sur les fed funds n’impliquent plus qu’une probabilité de 42 % d’une hausse de taux à la prochaine réunion, en nette baisse par rapport à près de 70 % il y a seulement une semaine. Ce niveau de prix de marché suggère fortement que les opérateurs anticipent une Fed plus accommodante si les tensions géopolitiques s’apaisent.
À l’approche des chiffres de l’emploi (Nonfarm Payrolls) et des statistiques ISM, nous anticipons une volatilité accrue. Nous estimons que l’achat d’options d’achat (calls) sur des ETF adossés à l’or ou sur des contrats à terme constitue une manière à risque défini de tirer parti d’un potentiel supplémentaire de hausse si les données ressortent faibles, renforçant l’idée d’une pause de la Fed. Cette stratégie permet de participer à une éventuelle hausse tout en limitant les pertes si le narratif venait à changer brutalement.
Risques, contexte historique et indicateurs de marché
Nous devons toutefois rester prudents : la situation demeure mouvante et les responsables de la Fed envoient des signaux contrastés. Si l’accord de cessez-le-feu échoue ou si le rapport sur l’emploi de mai surprend fortement à la hausse, les probabilités de relèvement des taux remonteront en flèche, exerçant une pression baissière immédiate sur l’or. Une cassure nette sous 4 500 $ constituerait, selon nous, le signal que ce mouvement haussier arrive à son terme.
Historiquement, nous avons observé des schémas similaires où la disparition d’une prime de risque géopolitique pousse le marché à se recentrer entièrement sur la politique des banques centrales. Lors de précédents épisodes d’apaisement des tensions au Moyen-Orient, la trajectoire finale de l’or a été dictée par le cycle de taux de la Réserve fédérale, et non par l’effacement du conflit. Nous nous attendons à ce que cette dynamique se reproduise au cours du mois à venir.
Nous suivons également de près l’indice du dollar (DXY) afin de confirmer cette tendance. Un dollar en baisse, combiné à des prix du pétrole en recul, constituerait un soutien marqué pour l’or. Si le DXY casse sous son récent support à 104,20, cela conforterait notre scénario selon lequel l’or vise sa prochaine résistance, proche de la moyenne mobile à 4 588 $.