L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de la Grèce a progressé de 4,9 % sur un an en mai, contre 4,6 % précédemment. Cette hausse indique une légère accélération de l’inflation IPCH sur le mois.
La dernière publication maintient la croissance annuelle des prix à un niveau élevé et montre que la désinflation n’a pas été linéaire. Le rebond de mai, après le taux de 4,6 %, maintient l’inflation proche de 5 % en données harmonisées.
Implications pour les anticipations de taux et les marchés de produits dérivés
Nous constatons que l’inflation harmonisée grecque a accéléré à 4,9 % en mai, contre 4,6 % auparavant. Ce sursaut suggère que les pressions sur les prix ne s’estompent pas comme espéré et demeurent persistantes. Cela met à l’épreuve l’idée selon laquelle la Banque centrale européenne (BCE) pourrait envisager sereinement un assouplissement de sa politique monétaire à court terme.
Au regard de ces données, nous estimons que le marché sous-évalue le risque que la BCE maintienne des taux directeurs plus élevés plus longtemps. À l’échelle de la zone euro, l’inflation a également récemment remonté à 3,1 %, et ce chiffre grec renforce le thème d’une inflation « collante ». En conséquence, les prix des dérivés intégrant une baisse de taux d’ici la fin de l’année pourraient être amenés à se replier, à mesure que ces anticipations seraient débouclées.
Dans cet environnement, les positions misant contre une baisse des taux deviennent plus attractives. Nous examinons des swaps de taux et des contrats à terme sur l’EURIBOR qui profiteraient d’un report d’éventuelles baisses jusqu’en 2027. La probabilité d’une baisse de taux cette année, qui avoisinait 60 % le mois dernier, pourrait reculer sensiblement à la faveur de nouvelles de ce type.
Impact sur les obligations souveraines et les actions grecques
Sur la dette publique, cette publication sur l’inflation est défavorable aux prix des obligations grecques et nous anticipons une remontée des rendements. L’écart entre les obligations grecques à 10 ans et le Bund allemand, resserré autour de 125 points de base, devrait s’élargir à mesure que les investisseurs exigent une prime plus élevée. Nous voyons une opportunité via l’achat d’options de vente (puts) sur des contrats à terme sur obligations souveraines grecques.
Du côté des actions, une inflation persistante peut rogner les marges des entreprises et peser sur la demande des ménages, constituant un vent contraire pour la Bourse d’Athènes. Historiquement, les périodes d’inflation plus élevée qu’attendu s’accompagnent d’une volatilité accrue des marchés. Cela plaide, pour les prochaines semaines, en faveur de l’achat de puts de protection sur l’indice ASE General ou de la mise en place de positions favorables à la volatilité, comme des straddles.