L’indice PMI manufacturier ISM des États-Unis s’est établi à 54 en mai, au-dessus des attentes (53). Cette lecture indique un rythme d’activité plus soutenu que ce qu’anticipaient les marchés.
Le résultat global confirme une amélioration des conditions dans l’industrie par rapport aux prévisions, l’indice restant en zone d’expansion. Il place également la valeur de mai 1 point au-dessus du consensus, soulignant l’écart entre la dynamique issue des enquêtes et les estimations précédentes.
Implications pour la politique monétaire et le marché au sens large
La publication ISM manufacturière de mai à 54 constitue un signal fort d’une économie américaine en expansion plus rapide que prévu. Cette vigueur inattendue accroît la probabilité que la Réserve fédérale repousse d’éventuelles baisses de taux que le marché envisageait plus tard cette année. Il faut désormais intégrer un scénario de taux « plus élevés plus longtemps ».
Pour les marchés actions, ces données sont favorables aux bénéfices des entreprises, en particulier dans les secteurs industriel et technologique. Nous identifions des opportunités via l’achat d’options d’achat (calls) sur le S&P 500, qui affiche déjà une hausse de 8 % depuis le début de l’année et pourrait enregistrer une nouvelle accélération. Des chiffres récents montrent que les commandes industrielles ont progressé de 0,7 % le mois dernier, renforçant cette tendance de résilience du secteur manufacturier.
Sur le marché des taux, nous anticipons un repli des obligations à mesure que les rendements se tendent, en reflet de perspectives économiques robustes. Les futures sur les Fed funds se sont déjà ajustés et n’intègrent plus qu’une probabilité de 15 % d’une baisse de taux d’ici la fin de l’année, contre 40 % il y a seulement une semaine. Nous nous positionnons en conséquence en vendant des contrats futures sur les Treasury à 10 ans, avec l’anticipation d’un retour des rendements vers 4,75 %.
Réaction des marchés des changes et des matières premières
Cette solidité économique devrait se traduire directement par un dollar américain plus fort. L’indice du dollar (DXY) est susceptible de dépasser ses récents sommets, alors que d’autres banques centrales, comme la BCE, conservent un biais plus accommodant. Nous renforçons nos positions longues sur le dollar américain face à l’euro et au yen.
Les matières premières offrent un tableau plus contrasté. Les métaux industriels, comme le cuivre, devraient bénéficier d’une demande accrue liée à la reprise manufacturière, un schéma observé lors de la réouverture économique en 2021. En revanche, la combinaison d’un dollar plus ferme et de taux plus élevés devrait peser sur l’or ; nous réduisons donc notre exposition aux métaux précieux.