L’indice du dollar américain (DXY) a effacé le repli de la séance précédente et s’est échangé autour de 100,80 durant les échanges asiatiques de lundi, reflétant une demande plus ferme pour le dollar américain (USD) face à un panier de six grandes devises. Le soutien est venu du retour du risque géopolitique autour d’un potentiel accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, maintenant au premier plan les craintes d’inflation et la perspective de taux d’intérêt durablement plus élevés.
Selon un reportage de CNBC, le président Donald Trump a menacé de frappes directes contre l’Iran si le Hezbollah poursuivait ses attaques contre Israël, une évolution qui a assombri les perspectives de progrès diplomatique, alors même que le vice-président JD Vance tenait un premier cycle de discussions avec des responsables iraniens dans le cadre d’un accord intérimaire. Téhéran a également indiqué avoir de nouveau fermé le détroit d’Ormuz ; les médias d’État iraniens ont rapporté que les négociations étaient suspendues, tandis que d’autres sources ont affirmé que les discussions se poursuivaient. Par ailleurs, la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés la semaine dernière et a adopté un ton restrictif, 9 des 19 responsables anticipant au moins une hausse de taux cette année, et les marchés intégrant la possibilité d’un mouvement dès septembre.
Force du dollar, politique de la Fed et risque sur les marchés de l’énergie
Compte tenu du regain de vigueur du dollar américain, nous devrions nous positionner pour que cette tendance se prolonge dans les semaines à venir. Le ton restrictif de la Réserve fédérale, avec près de la moitié de ses responsables qui anticipent désormais une hausse de taux, constitue un puissant soutien pour le dollar. Nous envisageons donc de renforcer des positions longues sur les contrats à terme de l’US Dollar Index (DXY), en visant un retour vers les sommets observés lors des années précédentes.
La fermeture du détroit d’Ormuz représente une menace inflationniste majeure que le marché ne peut ignorer. Historiquement, ce point de passage assure environ un cinquième de l’approvisionnement mondial total en pétrole ; toute perturbation entraînera donc une forte envolée des prix. Nous estimons que des options d’achat (calls) longues sur le WTI et le Brent offrent un moyen direct de se positionner sur cette escalade du risque géopolitique.
Stratégies de taux, volatilité et positionnement défensif sur les actifs
Ce choc énergétique potentiel conforte la posture agressive de la Fed, l’inflation restant obstinément au-dessus de l’objectif de 2 %, à l’image des chiffres persistants de 3,3 % observés à la mi-2024. En conséquence, nous nous positionnons en faveur de taux plus élevés en examinant des options visant à se placer à la baisse sur les contrats à terme d’obligations du Trésor américain. Le fait que le marché intègre une hausse de taux dès septembre rend cette stratégie particulièrement opportune.
La combinaison de tensions géopolitiques et d’incertitudes sur les taux est un classique générateur de volatilité sur les marchés. Nous considérons que l’indice de volatilité du CBOE (VIX) est sous-évalué au regard des risques substantiels d’un conflit direct États-Unis–Iran, qui a historiquement propulsé le VIX bien au-delà de 30. Nous achetons des options d’achat sur le VIX afin de couvrir notre portefeuille global et de profiter d’une hausse attendue de la turbulence de marché.
Un dollar fort et une hausse des taux réels constituent des vents contraires significatifs pour les actifs sans rendement comme les métaux précieux. Nous restons donc prudents sur l’or et explorons des options de vente (puts) afin de tirer parti d’une faiblesse anticipée. De même, nous adoptons une posture plus défensive sur les actions, un dollar plus fort pouvant peser négativement sur les résultats des entreprises multinationales.