La publication de l’IPC norvégien de mai mercredi est au centre de l’attention après la décision surprise de Norges Bank du 6 mai, lorsqu’elle a relevé son taux directeur de 25 pdb à 4,25 % et indiqué qu’une nouvelle hausse pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. L’inflation globale est attendue à 3,1 % en glissement annuel, contre 3,4 % en avril, tandis que l’IPC sous-jacent est vu à 3,3 % en g.a., contre 3,2 % précédemment. Norges Bank elle-même anticipe 3,3 % en g.a. pour l’IPC et l’IPC sous-jacent en mai ; une surprise haussière accroîtrait donc la probabilité d’une hausse de suivi plus précoce.
Les marchés anticipent déjà un resserrement supplémentaire, la courbe des swaps intégrant une hausse pleine de 25 pdb à 4,50 % en novembre. Sur le marché des changes, l’USD/NOK devrait suivre la force plus générale du dollar américain, mais la couronne pourrait néanmoins mieux s’en sortir face à d’autres devises si les prix de l’énergie restent élevés. Le soutien provient d’une amélioration des termes de l’échange et d’une capacité budgétaire qui peut amortir l’effet négatif sur la demande domestique.
Impact potentiel de l’IPC de juin sur la politique de Norges Bank
Nous considérons la prochaine publication des données d’IPC norvégien de juin, début juillet, comme un moment charnière pour la couronne. Une inflation étonnamment élevée pourrait accélérer le calendrier d’une nouvelle hausse de taux de Norges Bank. Cela fait suite à son statu quo restrictif lors de la réunion de la semaine dernière, au cours de laquelle elle a signalé des inquiétudes persistantes sur l’inflation.
Le marché vient d’intégrer les chiffres d’inflation de mai, l’IPC sous-jacent s’étant révélé tenace à 4,1 % en glissement annuel. Nous anticipons que les propres projections de Norges Bank pour juin se situeront autour de 4,0 %, et toute publication au-dessus de ce niveau renforcerait la pression en faveur d’une nouvelle hausse. Les statistiques récentes montrent que le taux de chômage norvégien demeure faible à 3,9 %, ce qui laisse à la banque centrale une marge pour durcir davantage si nécessaire.
Lors de sa réunion de début juin, Norges Bank a maintenu le taux directeur à 4,50 % mais a souligné que l’inflation reste nettement au-dessus de son objectif de 2,0 %. Le marché des swaps indexés au jour le jour (OIS) intègre désormais une probabilité supérieure à 70 % d’une ultime hausse de 25 points de base d’ici la réunion de septembre. Historiquement, Norges Bank n’a pas hésité à surprendre les marchés afin de préserver sa crédibilité dans la lutte contre l’inflation.
Perspectives de la NOK face aux principales devises
Même si la vigueur généralisée du dollar américain devrait se poursuivre, notamment après le solide rapport sur l’emploi américain de mai faisant état de 272 000 créations de postes, nous ne privilégions pas l’achat de la couronne face au dollar. Cette force devrait limiter tout regain significatif de l’USD/NOK. L’engagement de la Réserve fédérale à maintenir les taux plus élevés plus longtemps soutient un environnement favorable au billet vert.
En revanche, nous estimons que la couronne norvégienne est bien placée pour surperformer sur ses croisements, en particulier face à l’euro (EUR/NOK). Les fondamentaux norvégiens sont soutenus par des prix de l’énergie fermes, le Brent se maintenant au-dessus de 80 dollars le baril, ce qui améliore les termes de l’échange. Cela contraste avec des perspectives de croissance plus fragiles dans la zone euro, où la BCE a déjà entamé son cycle d’assouplissement.
Pour les opérateurs sur dérivés, ce scénario plaide pour un positionnement en faveur d’un renforcement de la NOK face aux autres devises européennes. Nous voyons de la valeur dans l’achat d’options d’achat sur NOK contre l’EUR, offrant une exposition haussière à une baisse du cross EUR/NOK avec un risque baissier limité. À défaut, la vente de contrats à terme EUR/NOK sur une maturité de trois mois peut constituer un moyen efficace de se positionner en vue d’une Norges Bank plus restrictive.