La balance commerciale de l’Afrique du Sud s’est resserrée à 15,16 Mds ZAR en avril, contre 31,87 Mds ZAR le mois précédent. Ce dernier chiffre signale un excédent plus faible en termes de rands, effaçant une partie de l’amélioration enregistrée le mois précédent.
Ce mouvement indique que l’écart entre les recettes d’exportation et les dépenses d’importation s’est réduit sur le mois. Le solde restant positif, les exportations ont continué de dépasser les importations, mais avec une marge moindre qu’en mars.
Faiblesse du rand et défis économiques structurels
La forte baisse de l’excédent commercial sud-africain constitue un signal nettement baissier pour le rand. Nous y voyons un facteur de fragilisation de la devise, dans la mesure où moins de dollars entrent dans le pays pour être convertis en ZAR. Nous anticipons que la paire USD/ZAR, actuellement autour de 20,50, testera des niveaux plus élevés dans les prochaines semaines.
Selon nous, ce recul reflète des problèmes structurels persistants, en particulier les goulets d’étranglement logistiques dans les ports, qui ont pénalisé les exportations de charbon et de minerai de fer. Les données du Minerals Council montrent que les inefficiences du rail ont coûté au secteur des matières premières « bulk » plus de 50 Mds ZAR d’opportunités perdues l’an dernier, une tendance qui semble se poursuivre. La récente faiblesse des prix des métaux du groupe du platine, en baisse d’environ 15% sur un an, a également comprimé la valeur des exportations.
Stratégies de marché et implications pour les taux d’intérêt
En réponse, nous examinons des stratégies sur dérivés visant à tirer parti d’un rand plus faible. Nous renforçons des positions longues sur des forwards USD/ZAR et achetons des options d’achat USD hors de la monnaie (out-of-the-money) à échéance juillet. Ces options offrent un moyen efficient en coût de s’exposer à un possible mouvement marqué au-delà du seuil de 21,00.
Sur la Bourse de Johannesburg, nous nous attendons à une divergence nette des performances. Nous utilisons des options de vente (puts) pour nous positionner sur une baisse des sociétés dépendantes des importations, telles que les distributeurs et les industriels orientés marché domestique, qui subiront une pression sur les marges. À l’inverse, nous voyons de la valeur dans l’achat d’options d’achat (calls) sur les grandes sociétés minières et de ressources générant des revenus en dollars, qui bénéficient d’un taux de change plus faible.
Ces données commerciales compliquent également les perspectives de taux, ce qui pourrait accroître la volatilité des marchés. La South African Reserve Bank pourrait être contrainte d’adopter un ton plus « hawkish » afin de défendre la devise et de contenir l’inflation importée. Nous suivrons donc les swaps de taux d’intérêt afin de détecter tout changement dans les anticipations d’une hausse de taux plus tard cette année.