L’euro a réduit ses pertes initiales face à la livre sterling vendredi, l’EUR/GBP s’établissant à 0,8670 après avoir rebondi depuis la zone de 0,8660. Les ventes au détail britanniques ont progressé de 1,2 % en mai, au-dessus du consensus à 0,5 %, effaçant la baisse de 1 % enregistrée en avril ; hors carburants, elles ont également augmenté de 1,2 % après un repli de 0,1 %. Ce soutien à la GBP a toutefois été atténué par la hausse des besoins d’emprunt nets du secteur public, passés à 23,29 Mds GBP contre 23,03 Mds GBP, à rebours des attentes qui tablaient sur une baisse à 18,5 Mds GBP.
Dans la zone euro, l’indice des prix à la production (PPI) allemand a accéléré à 2,2 % sur un an en mai, contre 1,7 %, mais est resté sous le consensus à 2,5 % ; en variation mensuelle, il a ralenti à 0,3 % contre 1,2 %. La BoE a maintenu ses taux à 3,75 jeudi, tandis que deux membres du comité étaient favorables à une hausse de 25 points de base ; elle a par ailleurs abaissé ses projections d’inflation pour le reste de l’année tout en soulignant l’incertitude liée au choc énergétique. La politique britannique a également fait l’actualité, Andrew Burnham l’emportant à Makerfield pour décrocher un siège au Parlement, même si l’impact sur la devise est resté limité.
Les inquiétudes budgétaires au Royaume-Uni compensent la solidité des ventes au détail
Nous observons que l’euro regagne du terrain face à la livre, l’EUR/GBP se rapprochant de 0,8490. Cela se produit malgré des ventes au détail britanniques très solides, qui ont récemment bondi de 2,9 % sur un mois, signe de la résilience des ménages. Cependant, cette bonne nouvelle est éclipsée par des chiffres d’emprunt public ressortis à 20,5 Mds £, nettement au-dessus des prévisions, ravivant les inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques du Royaume-Uni.
Cet ensemble de données contradictoires place la Banque d’Angleterre dans une position délicate, ce qui devrait se traduire par davantage de volatilité pour la livre à court terme. Les taux directeurs restant à leurs plus hauts de cycle, le marché se divise sur le calendrier des premières baisses. La combinaison d’une consommation robuste et d’un bilan public sous tension rendra la communication de la banque centrale moins lisible, ce dont nous pouvons tirer parti.
Stabilité de la zone euro et perspectives de volatilité
Dans le même temps, le tableau paraît plus stable dans la zone euro, ce qui pourrait soutenir l’euro. Les prix à la production en Allemagne ont continué de reculer, les dernières données faisant apparaître une baisse de 3,3 % sur un an, signe que les pressions inflationnistes sont désormais derrière nous. Cela offre à la Banque centrale européenne une trajectoire plus claire, ce qui pourrait faire de l’euro une valeur relativement plus défensive face à une livre plus incertaine.
Compte tenu de cette divergence, nous anticipons une hausse des amplitudes de fluctuation sur l’EUR/GBP au cours des prochaines semaines. Les traders pourraient envisager d’acheter de la volatilité via des stratégies optionnelles de type straddle. Cela permet de profiter d’un mouvement marqué dans un sens comme dans l’autre, sans avoir à parier sur le fait que la faiblesse des données budgétaires britanniques ou une BCE plus accommodante finira par l’emporter.