L’euro est resté proche d’un creux de trois mois face au dollar américain lundi, avec l’EUR/USD autour de 1,1498, alors que les anticipations d’une Réserve fédérale au ton restrictif (« hawkish ») continuaient de soutenir le billet vert. Cela intervient même si l’apaisement des tensions au Moyen-Orient a réduit la demande de valeurs refuges. L’indice du dollar (DXY) évoluait près de 101,00, à proximité d’un plus haut de treize mois, tandis que la Fed a réaffirmé son objectif de ramener l’inflation à 2% après de récentes pressions sur les prix liées à un choc énergétique.
Les avancées diplomatiques ont apporté peu de répit à la monnaie unique. Les premiers pourparlers en face-à-face entre les États-Unis et l’Iran se sont achevés en Suisse, avec le Pakistan et le Qatar comme médiateurs, et les parties ont convenu d’une feuille de route vers un accord final sous 60 jours tout en poursuivant les discussions techniques tout au long de la semaine. En Europe, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 25 points de base ce mois-ci, alors qu’elle arbitre entre inflation et ralentissement de la croissance, et ses responsables ont souligné l’incertitude entourant le choc iranien. L’attention se tourne désormais vers les interventions de membres de la BCE, les premières publications des PMI mondiaux, l’indice des prix PCE aux États-Unis et l’estimation finale du PIB américain du premier trimestre.
Divergence de politiques monétaires : la pression persiste sur l’euro
Nous estimons que l’euro continuera de peiner face au dollar, principalement en raison de l’écart de politique monétaire entre une Réserve fédérale au ton restrictif et une Banque centrale européenne plus prudente. Le marché privilégie les différentiels de taux d’intérêt au détriment des autres facteurs, ce qui crée une tendance nette. Cela suggère que, à court terme, le chemin de moindre résistance pour l’EUR/USD reste orienté à la baisse.
La fermeté de la Fed est étayée par les données récentes, le dernier indice PCE de base (Core PCE) restant obstinément à 2,9% sur un an. À l’inverse, l’inflation en zone euro s’est repliée à 2,5%, ce qui donne à la BCE des arguments pour une approche agile mais moins agressive. Cette divergence fondamentale continue d’alimenter la vigueur du dollar.
Positionnement de marché et perspectives
Dans cet environnement, nous privilégions des stratégies qui profitent d’un dollar plus fort et d’un euro plus faible. Le marché des options montre que la volatilité implicite à un mois sur l’EUR/USD est remontée autour de 8,5%, signe que les opérateurs anticipent des mouvements de prix à l’approche des statistiques clés de la semaine. Cela rend l’achat d’options de vente (puts) sur l’EUR/USD une manière attractive de se positionner sur une baisse potentielle, d’autant que les publications du PIB et du PCE américains se profilent.
Même des évolutions géopolitiques favorables, telles que les progrès des négociations entre Washington et Téhéran, ne parviennent pas à entamer l’attrait du dollar. Cela rappelle la dynamique observée durant le cycle de hausses de taux 2022-2023, lorsque la politique de la Fed dominait l’ensemble des récits de marché. Tant que nous n’observerons pas un changement significatif dans la communication de la Fed ou de la BCE, nous nous attendons à ce que ce schéma se maintienne.