L’EUR/USD a conservé de modestes gains en séance lors de la première partie de la session européenne, mais n’est pas parvenu à susciter un intérêt acheteur supplémentaire, restant proche d’un plus bas d’une semaine atteint plus tôt jeudi. La paire évoluait au-dessus de 1,1600, en hausse d’un peu plus de 0,10% sur la séance, alors qu’un dollar américain plus souple pesait après sa progression nocturne à son plus haut niveau depuis le 7 avril. Une trêve entre Israël et le Liban a réduit la demande de valeur refuge pour le billet vert et encouragé des prises de bénéfices.
L’euro a trouvé un soutien dans le raffermissement des anticipations de marché en faveur d’un relèvement des taux de la Banque centrale européenne plus tard ce mois-ci. Dans le même temps, les tensions entre les États-Unis et l’Iran sur plusieurs dossiers, dont le programme nucléaire de Téhéran et le détroit d’Ormuz, ainsi que la reprise des hostilités au Moyen-Orient et l’absence de progrès dans les discussions diplomatiques, ont maintenu un niveau élevé de risque géopolitique. Ce contexte, combiné à des attentes toujours restrictives vis-à-vis de la Réserve fédérale, a limité le repli du dollar et bridé l’EUR/USD.
La hausse des prix du pétrole a entretenu les craintes inflationnistes et renforcé les paris sur un coût de financement américain plus élevé d’ici la fin de l’année, dissuadant des positions baissières agressives sur l’USD. L’attention se tourne vers les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis et les interventions de membres du FOMC, même si la publication clé à très court terme reste le rapport sur l’emploi américain (Nonfarm Payrolls) de vendredi.
Divergence des banques centrales et thèmes géopolitiques : l’EUR/USD cantonné en range
Nous constatons que l’EUR/USD peine à trouver une véritable impulsion, flottant juste au-dessus du seuil de 1,1050 aujourd’hui. Le principal moteur demeure la divergence des anticipations de politique monétaire. Alors que le marché a intégré l’idée d’une Fed maintenant ses taux inchangés, la Banque centrale européenne laisse entrevoir une baisse potentielle avant la fin de l’année.
Le regain de tensions géopolitiques apporte un plancher au dollar, limitant toute progression significative de l’EUR/USD. De récentes informations faisant état de perturbations du transport maritime près du détroit d’Ormuz ont ramené le Brent vers 95 dollars le baril, renforçant l’attrait du dollar en tant que valeur refuge. Cette situation rappelle des épisodes de volatilité passés, où les flambées géopolitiques ont régulièrement provoqué des mouvements de fuite vers la qualité.
La posture prudente de la Fed est confortée par une inflation qui demeure obstinément élevée : le dernier indice CPI américain de mai est ressorti à 3,1%, légèrement au-dessus des attentes. Dès lors, tous les regards se portent sur le rapport Nonfarm Payrolls de demain pour obtenir davantage d’indices sur la solidité de l’économie. Un chiffre de l’emploi robuste écarterait presque certainement toute perspective de baisse des taux de la Fed en 2026 et renforcerait le dollar.
À l’inverse, la zone euro montre des signes de fatigue économique, comme en témoigne la dernière statistique de production industrielle allemande, qui a affiché une contraction surprise de 0,5% le mois dernier. Cette faiblesse conforte notre scénario selon lequel les responsables de la BCE seront plus enclins à assouplir leur politique afin de soutenir la croissance. Cet écart de politique monétaire grandissant entre une Fed ferme et une BCE qui s’assouplit constitue le thème clé des prochaines semaines.
Se positionner sur un dollar plus fort à mesure que l’écart de politique s’élargit
Dans ce contexte, nous estimons que tout rebond de l’EUR/USD vers la résistance à 1,1100 offre des opportunités d’initier des positions vendeuses. Pour les intervenants sur dérivés, la vente d’options d’achat hors de la monnaie (out-of-the-money) ou la mise en place de spreads vendeurs sur calls (bear call spreads) sur la paire peut constituer une approche prudente pour tirer parti d’un potentiel haussier que nous jugeons plafonné. Cette stratégie permet de profiter d’un marché évoluant en range tout en définissant le risque à l’approche de publications macroéconomiques majeures.
Nous avons déjà observé ce schéma, en particulier sur la période 2022-2023, lorsque le cycle agressif de hausses de taux de la Fed a déclenché un puissant rallye du dollar. Ce précédent historique montre que lorsque les trajectoires de politique monétaire entre les États-Unis et l’Europe divergent aussi fortement, le dollar a tendance à surperformer. Nous nous positionnons pour une dynamique similaire, bien que moins marquée, au cours de l’été.