L’EUR/USD se stabilise après un plus bas de trois mois, alors que le rallye du dollar marque une pause et que les données de la zone euro soutiennent l’euro

by VT Markets
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Mar 4, 2026
L’EUR/USD est resté stable mercredi après être brièvement tombé mardi à un plus bas de trois mois. Il s’échangeait près de 1,1626, car le dollar américain a marqué une pause après deux jours de hausse, tandis que l’euro a été soutenu par des données de la zone euro. Le climat de marché est resté prudent à cause du conflit en cours entre les États-Unis et l’Iran. Cela a soutenu la façon dont les marchés fixent les prix des actifs sensibles au risque (c’est-à-dire des actifs dont le prix bouge davantage quand les investisseurs ont peur ou au contraire prennent plus de risques), notamment l’énergie, et a ajouté de l’incertitude sur l’inflation (la hausse générale des prix) et sur les attentes concernant les banques centrales (les institutions qui fixent les taux d’intérêt et guident la politique monétaire).

Pause du dollar, soutien pour l’euro

Aux États-Unis, l’emploi dans le secteur privé selon l’ADP (un rapport privé qui estime les créations d’emplois) a augmenté de 63 000 en février, contre 50 000 attendus, après 11 000 en janvier. Malgré cela, l’indice du dollar américain (US Dollar Index, qui mesure le dollar face à un panier de grandes monnaies) se situait près de 98,91, après avoir atteint environ 99,68 mardi, son plus haut niveau depuis le 28 novembre. Dans la zone euro, l’indice des prix à la production (PPI, c’est-à-dire l’évolution des prix facturés par les producteurs avant l’arrivée en magasin) a progressé de 0,7% sur un mois en janvier après -0,3% en décembre, au-dessus de la prévision de 0,2%. Sur un an, le PPI a reculé de 2,1% contre -2,7% attendu, après -2,0% précédemment, tandis que le chômage a baissé à 6,1% contre 6,2%. Les marchés intégraient environ 40% de probabilité d’une hausse de taux de la BCE (Banque centrale européenne) d’ici la fin de l’année. L’outil CME FedWatch (un indicateur qui estime les attentes de marché sur les décisions de la banque centrale américaine) montrait une stabilité des taux pleinement anticipée en mars et en avril, avec 36,4% de chances d’une baisse de 25 points de base en juin (un point de base = 0,01 point de pourcentage, donc 25 points de base = 0,25%), avant l’ISM services PMI (un indicateur d’activité du secteur des services; au-dessus de 50 signifie expansion, en dessous de 50 contraction) et les NFP de vendredi (Nonfarm Payrolls, le principal rapport officiel sur l’emploi aux États-Unis, hors secteur agricole).

Se positionner pour une poursuite de la force du dollar

Le moteur principal a été l’écart de politique des banques centrales, contrairement à ce que le marché attendait début 2025. Alors que les traders (intervenants de marché) estimaient l’an dernier à 40% la probabilité d’une hausse de taux de la BCE, le ralentissement de l’inflation en zone euro fin 2025 a conduit la BCE à baisser ses taux, avec une première réduction de 25 points de base en février 2026. À l’inverse, les appels « accommodants » (dovish, c’est-à-dire favorables à des taux plus bas) de responsables de la Fed (banque centrale américaine) comme le gouverneur Miran en faveur de fortes baisses de taux en 2025 ne se sont pas concrétisés, l’économie américaine restant solide. Les données économiques ont renforcé cet écart, contrairement aux rapports européens plus optimistes de janvier 2025. Si le chômage en zone euro était descendu à 6,1% à l’époque, il est ensuite remonté à 6,4% en janvier 2026, ce qui affaiblit l’argument d’un euro solide. Pendant ce temps, la hausse modeste de 63 000 emplois privés aux États-Unis vue dans le rapport ADP de février 2025 a été largement dépassée par une série de rapports NFP très solides, dont l’ajout de plus de 275 000 emplois le mois dernier. La prime de risque géopolitique liée au conflit États-Unis–Iran (c’est-à-dire le surcoût dans les prix dû à l’incertitude politique et militaire), très surveillée par les marchés en mars 2025, a diminué après une désescalade au milieu de l’an dernier. Cela a retiré une pression inflationniste importante, et les traders se sont davantage concentrés sur la faiblesse de l’économie européenne par rapport aux États-Unis. L’attention du marché est passée d’une inflation due à des problèmes d’offre (pénuries, hausse des coûts) à des écarts de croissance liés à la demande (différences de consommation et d’activité). Compte tenu de cette tendance, l’attention devrait se porter sur des stratégies qui misent sur un dollar durablement fort face à l’euro. On peut envisager d’acheter des options de vente (put, un contrat qui augmente de valeur si le prix baisse) EUR/USD à plus longue échéance, avec des prix d’exercice (strike, le niveau de prix fixé dans le contrat) autour de 1,0700 pour se protéger contre une nouvelle baisse. Vendre des options d’achat (call, un contrat qui augmente de valeur si le prix monte) « hors de la monnaie » (out-of-the-money, c’est-à-dire avec un strike au-delà du prix actuel, donc moins probable d’être exercé) avec des strikes au-dessus de 1,1000 peut aussi être une manière de toucher une prime (le montant payé pour l’option), car un fort rebond de l’euro paraît peu probable sans changement majeur de politique de la Réserve fédérale (Fed).

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