L’EUR/USD a réduit ses pertes précédentes jeudi, évoluant autour de 1,1655 après être remonté d’un plus bas intrajournalier à 1,1586, alors qu’une série de statistiques américaines a érodé le soutien au dollar américain (USD) malgré la poursuite des tensions au Moyen-Orient liées à la guerre États-Unis–Iran. L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) de base a progressé de 0,2% sur un mois en avril, en ralentissement après 0,3% en mars, tandis que le taux en glissement annuel a légèrement augmenté à 3,3% contre 3,2%, conformément aux prévisions. Le chiffre mensuel plus modéré a pesé sur le billet vert, même si l’inflation est restée au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed).
L’indice du dollar (DXY) a oscillé autour de 99 après avoir atteint plus tôt un plus haut de sept semaines à 99,54. D’autres données ont montré que l’économie américaine a progressé à un rythme annualisé de 1,6% au T1 2026, contre 0,5% précédemment, mais en deçà de l’estimation avancée de +2%. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté à 215 000, contre 211 000 attendues et 210 000 précédemment ; les commandes de biens durables ont bondi de 7,9% en avril après un recul de 1,3%. L’incertitude géopolitique a persisté, même si Axios a fait état d’un cadre préliminaire de prolongation de trêve de 60 jours, en attente de l’aval du président américain Donald Trump, maintenant au premier plan les risques inflationnistes liés au pétrole ainsi que l’orientation restrictive de la Fed et de la Banque centrale européenne (BCE).
La volatilité augmente alors que le dollar subit des pressions contradictoires
La combinaison d’une croissance américaine plus faible et d’une inflation mensuelle plus modérée dresse un tableau délicat pour le dollar. Nous observons une hausse de la volatilité implicite sur les options EUR/USD, l’indice CBOE de volatilité des changes sur l’euro (EVZ) ayant récemment grimpé à un plus haut de trois mois à 9,2%. Cela suggère de se préparer à des mouvements de prix plus amples et d’envisager des stratégies profitant d’une volatilité accrue et de phases de marché hachées.
Stratégies de trading dans un contexte de divergence des banques centrales et de risque géopolitique
Étant donné que la lecture mensuelle de l’inflation américaine s’est tassée, nous estimons que la Réserve fédérale pourrait être poussée à assouplir plus tôt son biais restrictif que la Banque centrale européenne (BCE). Les commentaires récents de la BCE sont restés fermes, évoquant une progression des salaires en zone euro toujours supérieure à 4% en glissement annuel. Nous envisageons donc d’acheter des options call EUR/USD avec des prix d’exercice autour de 1,1750, arrivant à échéance fin juin ou en juillet, afin de se positionner pour une poursuite de la hausse.
Cependant, le conflit États-Unis–Iran constitue un risque majeur susceptible d’inverser rapidement le repli du dollar. Les prix du pétrole sont un indicateur clé, les contrats à terme sur le Brent ayant déjà bondi de 12% sur le dernier mois à plus de 112 dollars le baril sous l’effet des tensions. Pour gérer ce risque, nous valorisons également des options put EUR/USD hors de la monnaie afin de couvrir un décrochage marqué sous le support de 1,1500 si la trêve échoue.
Une autre lecture est que ces forces opposées — ralentissement de l’économie américaine contre demande de valeurs refuge liée au risque géopolitique — maintiendront la paire dans une fourchette. Historiquement, l’EUR/USD a souvent consolidé pendant des semaines après l’apparition de signaux aussi contradictoires. Cela nous conduit à envisager la vente de prime via des stratégies telles qu’un iron condor, rentable si la paire reste comprise entre environ 1,1550 et 1,1750 au cours du mois à venir.