L’EUR/USD a progressé pour une troisième séance, évoluant autour de 1,1550, tout en restant proche de plus bas de deux mois près de 1,1500 et en butant sous l’ancienne zone de support à 1,1575. L’appétit pour le risque s’est tassé après des informations faisant état de frappes américaines contre des systèmes de défense et de radar iraniens, suivies d’attaques de représailles de Téhéran visant des forces américaines à Bahreïn, même si les réactions sur le dollar et le pétrole ont été décrites comme contenues et modérément baissières. L’attention se tourne désormais vers l’indice des prix à la consommation (CPI) américain de mai, attendu en accélération vers des plus hauts de trois ans, après un rapport sur l’emploi (Nonfarm Payrolls) plus solide vendredi, renforçant les anticipations d’un durcissement de la politique de la Réserve fédérale.
Sur le plan technique, la paire a évolué juste au-dessus de 1,1505, avec un momentum légèrement négatif sur les graphiques quatre heures : l’indice de force relative (RSI) se situait juste sous 50, tandis que le MACD (Moving Average Convergence Divergence) demeurait en territoire positif mais peu marqué. Un franchissement au-dessus de 1,1575 reportera l’attention sur les sommets des 4–5 juin vers 1,1645, puis sur les sommets de fin mai à 1,1685. À la baisse, les plus bas de séance se situaient près de 1,1530, avec un support à 1,1505 (niveau de lundi) ; en dessous, le marché regardera le plus bas du 30 mars à 1,1443.
Facteurs macroéconomiques et vigueur du dollar
Nous observons un euro en difficulté près de ses plus bas de deux mois autour de 1,1500, toute tentative de rebond étant plafonnée sous la zone de résistance à 1,1575. Tous les regards se portent désormais sur les chiffres de l’inflation américaine de mai, attendus dans les prochains jours. Le marché est positionné sur un dollar fort, et nous hésitons à aller contre lui avant cette publication clé.
Cette focalisation est justifiée : le rapport sur l’emploi de vendredi dernier a montré 250 000 créations de postes, bien au-delà des attentes. Cela fait suite à un CPI d’avril en glissement annuel élevé à 3,8 %, qui a placé la Réserve fédérale dans une posture plus prudente. En conséquence, les marchés à terme n’intègrent quasiment aucune probabilité de baisse de taux en 2026, ce qui continue de soutenir le billet vert.
Stratégies de trading et déclencheurs techniques
Nous estimons que les traders devraient envisager l’achat de puts sur l’EUR/USD afin de se couvrir ou de spéculer sur une nouvelle baisse sous le support de 1,1500. La volatilité implicite des options de courte maturité a grimpé à un plus haut de six semaines à 8,5 % à l’approche de la publication du CPI, ce qui rend des stratégies comme les bear put spreads attractives pour contenir le coût de la prime. Cette approche permet de profiter d’un mouvement baissier tout en gardant un risque clairement défini.
La vigueur du dollar est également alimentée par un climat général « risk-off » lié au regain de tensions au Moyen-Orient, qui renforce la demande de valeurs refuges. Cet environnement rappelle la période 2022-2023, lorsque une inflation persistante avait contraint la Fed à maintenir des taux élevés bien plus longtemps que ne l’anticipait initialement le marché. Nous pourrions assister aux prémices d’une dynamique similaire.
D’un point de vue technique, une cassure nette sous le support à 1,1505 constituerait un signal baissier significatif. Un tel mouvement déclencherait probablement une cascade d’ordres stop-loss et pourrait ouvrir la voie à une baisse rapide vers l’objectif de 1,1443. Nous surveillons ce seuil de 1,1505 comme un déclencheur clé pour initier de nouvelles positions vendeuses ou renforcer celles existantes.