L’EUR/USD a reculé après deux séances de hausse, évoluant autour de 1,1650 durant les échanges asiatiques de lundi, alors que le dollar américain est resté ferme, les marchés suivant de près des pourparlers de paix États-Unis–Iran au rythme soutenu. La paire s’est affaiblie, la demande pour le billet vert en tant que valeur refuge demeurant élevée, le risque d’un regain de tensions au Moyen-Orient continuant de peser sur la dynamique de court terme de l’euro.
Selon des informations de presse, le président américain Donald Trump cherche à modifier une proposition visant à mettre fin à la guerre États-Unis–Israël contre l’Iran, en mettant l’accent sur des règles liées au détroit d’Ormuz et sur le retrait d’uranium hautement enrichi, tandis qu’Axios ajoute qu’il souhaite des dispositions plus strictes concernant la manipulation et l’élimination des matières nucléaires iraniennes. Un haut responsable américain a indiqué qu’une réponse iranienne pourrait prendre jusqu’à trois jours. En Europe, l’estimation rapide de l’inflation de mai a accéléré en France, en Italie et en Espagne, mais a ralenti en Allemagne ; toutes sont restées au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne, tandis que les minutes de la BCE faisaient état d’un certain soutien à une hausse en avril et d’anticipations d’un relèvement de 25 points de base le 11 juin. L’attention se tourne désormais vers les ventes au détail allemandes d’avril.
Flux vers les valeurs refuges face aux anticipations de politique monétaire
Nous considérons la faiblesse actuelle de l’EUR/USD autour de 1,1650 comme la conséquence directe des tensions géopolitiques. Cela crée un conflit classique pour la paire, opposant la demande de valeur refuge pour le dollar à une Banque centrale européenne au ton plus restrictif. L’indice de volatilité des devises a progressé de plus de 5 % sur la dernière semaine, reflétant cette incertitude croissante.
Nous estimons que le principal risque dans les prochains jours est l’apparition d’un titre négatif en provenance des discussions États-Unis–Iran. L’achat d’options put EUR/USD de courte maturité, éventuellement avec un prix d’exercice autour de 1,1600, offre un moyen clair de se couvrir ou de spéculer sur un échec de la diplomatie. Historiquement, des événements tels que l’escalade initiale du conflit Russie–Ukraine en 2022 avaient vu l’indice dollar bondir de plus de 3 % en quelques semaines sous l’effet de flux comparables vers les valeurs refuges.
Stratégies de trading dans un contexte de volatilité en hausse
À l’inverse, la prochaine réunion de la BCE le 11 juin constitue un catalyseur important pour un renforcement de l’euro. Avec une inflation IPCH en zone euro récemment publiée à 2,6 % et des swaps indexés au jour le jour (OIS) intégrant une probabilité de 90 % d’une hausse de 25 points de base, toute résolution au Moyen-Orient pourrait entraîner un rebond marqué de la paire. Nous envisagerions des options call arrivant à échéance après la décision de la BCE afin de se positionner sur ce potentiel mouvement de rattrapage.
Compte tenu de ces forces puissantes et opposées, nous jugeons qu’un pari directionnel pur est risqué. Une meilleure approche pourrait consister à traiter la volatilité attendue elle-même via l’achat d’un straddle ou d’un strangle avec une échéance fin juin. Cette stratégie bénéficierait d’un mouvement de prix significatif dans un sens comme dans l’autre, qu’il soit déclenché par un échec diplomatique ou par une surprise restrictive de la BCE.