L’EUR/USD recule pour une troisième séance, alors que l’escalade de la guerre entre les États-Unis et l’Iran stimule la demande de dollar américain

by VT Markets
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Mar 12, 2026
L’EUR/USD a reculé pour une troisième séance jeudi, autour de 1,1525, après avoir effacé les gains enregistrés plus tôt cette semaine. La demande de dollar américain a augmenté alors que la guerre États-Unis–Iran se poursuivait, avec un conflit entré dans son treizième jour. Les prix du pétrole ont progressé car les risques de sécurité ont augmenté dans le détroit d’Ormuz, un passage majeur pour le transport mondial de pétrole. Selon des informations, l’Iran aurait visé deux pétroliers, renforçant les craintes d’une interruption de l’approvisionnement en énergie.

Soutien au dollar grâce aux données et à la géopolitique

Les données américaines ont soutenu le dollar : les nouvelles demandes d’allocations chômage (Initial Jobless Claims, c’est-à-dire le nombre de personnes qui demandent une aide chômage pour la première fois) ont baissé à 213 000 pour la semaine se terminant le 7 mars, contre 215 000 attendus. Les mises en chantier (Housing Starts, c’est-à-dire le nombre de nouveaux logements dont la construction commence) ont augmenté à 1,487 million, au-dessus des 1,35 million attendus. L’indice du dollar américain (US Dollar Index, DXY, un indice qui mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises) évoluait autour de 99,50, en hausse d’environ 0,22% sur la journée. La hausse du pétrole a ravivé les inquiétudes sur l’inflation (hausse générale des prix) et a influencé les attentes sur la politique des banques centrales. Les marchés intégraient entièrement une hausse de taux de la Banque centrale européenne dès la réunion de juillet. L’euro a été sous pression, car la hausse des coûts de l’énergie risque de dégrader les perspectives de la zone euro, en raison de sa dépendance à l’énergie importée. Aux États-Unis, les marchés anticipaient environ 25 à 30 points de base (un point de base = 0,01%) de baisse de taux de la Réserve fédérale d’ici décembre, contre plus de 50 points de base avant la guerre, selon CME FedWatch (un outil qui estime les probabilités de décisions de taux de la Fed à partir des prix de marché). L’attention s’est ensuite portée sur le rapport de l’indice des prix PCE (Personal Consumption Expenditures, un indicateur d’inflation basé sur les dépenses de consommation) attendu vendredi, l’inflation restant au-dessus de l’objectif de 2%.

Facteurs au-delà de la prime géopolitique

En regardant le conflit États-Unis–Iran à cette période en 2025, on a observé un mouvement classique de recherche de sécurité (flight-to-safety, c’est-à-dire un déplacement vers des actifs jugés plus sûrs) en faveur du dollar lorsque les tensions ont augmenté. Aujourd’hui, cette prime géopolitique (surcote liée au risque géopolitique) a disparu, et le marché est surtout guidé par l’écart économique qui se creuse entre les États-Unis et la zone euro. Cette divergence fondamentale (différence durable de trajectoire économique) devrait rester au centre des décisions dans les prochaines semaines. La hausse de l’énergie liée au conflit de 2025 semble avoir davantage fragilisé l’économie de la zone euro que celle des États-Unis. Par exemple, les données du quatrième trimestre 2025 montrent une croissance du PIB (Produit intérieur brut, la valeur totale de la production d’un pays ou d’une zone) de seulement 0,1% dans la zone euro, tandis que les commandes industrielles allemandes (nouvelles commandes reçues par les usines) sont restées faibles début 2026. Cette faiblesse durable accroît la pression sur la BCE pour envisager un assouplissement (easing, c’est-à-dire une politique monétaire plus favorable, souvent via des baisses de taux) plus tard cette année. De son côté, l’économie américaine est restée solide, avec le dernier rapport Non-Farm Payrolls (NFP, l’estimation mensuelle des créations d’emplois hors secteur agricole) pour février 2026 montrant une hausse de 220 000 emplois. L’inflation sous-jacente (core inflation, c’est-à-dire l’inflation hors éléments très variables comme l’énergie et l’alimentation), mesurée par l’indice PCE, est restée élevée, autour de 2,8%, ce qui donne peu de raisons à la Réserve fédérale de baisser les taux rapidement. Cette divergence de politique monétaire, avec une Fed ferme et une BCE plus accommodante (dovish, c’est-à-dire plus encline à baisser les taux), soutient le dollar. Compte tenu de ce contexte, les traders peuvent envisager des stratégies qui profitent d’une poursuite de la baisse de l’EUR/USD. La volatilité implicite à un mois (implied volatility, l’estimation par le marché des fluctuations futures, utilisée pour le prix des options) est actuellement faible, autour de 6,2%, ce qui rend les options relativement peu chères par rapport aux niveaux observés pendant le conflit l’an dernier. Cela peut rendre l’achat d’options de vente EUR/USD (put options, un droit de vendre à un prix fixé) intéressant pour viser un mouvement baissier, avec un objectif sous 1,0700. Une autre approche consiste à utiliser des spreads d’options (combinaison de deux options pour réduire le coût et encadrer le risque). Un put spread baissier (bearish put spread, achat d’un put et vente d’un autre put à un prix d’exercice plus bas) peut être adapté quand la volatilité est faible. Cette stratégie vise à profiter d’une baisse modérée de l’EUR/USD tout en limitant le coût initial (premium, le prix payé pour l’option).

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