L’EUR/GBP a légèrement reculé autour de 0,8660 en début de séance européenne vendredi, l’incertitude autour d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran alimentant une volatilité plus large sur les marchés. Des responsables américains ont indiqué que Washington et Téhéran s’étaient accordés sur un protocole d’entente visant à prolonger le cessez-le-feu de 60 jours afin de permettre des négociations formelles, même si le président Donald Trump ne l’avait pas encore approuvé. Plus tard dans la séance, des premières estimations de l’inflation allemande sont attendues.
Les anticipations de taux concernant la Banque centrale européenne restent solides, les marchés attribuant environ 91% de probabilité à une hausse de 25 pdb lors de la réunion du 11 juin, ce qui porterait le taux de la facilité de dépôt à 2,25%; en outre, la probabilité d’une nouvelle hausse en septembre s’établit à 50%, selon CNBC. Au Royaume-Uni, la livre a été sous pression après des données plus faibles et des craintes d’une hausse des coûts de l’énergie si les perturbations dans le détroit d’Ormuz se prolongeaient, ce qui pourrait peser sur la consommation et limiter la capacité de la Banque d’Angleterre à durcir davantage sa politique. Pantheon Macroeconomics a indiqué que les traders intégraient une hausse de taux de moins pour 2026 par rapport à la semaine précédente, tandis que les rendements des gilts ont enregistré leur plus forte baisse hebdomadaire depuis fin 2023; l’institut a attribué ce mouvement à la baisse des prix du pétrole, à l’évolution des probabilités sur les marchés de paris concernant un éventuel remplacement de Sir Keir Starmer, et à l’engagement d’Andy Burnham à respecter les règles budgétaires existantes. Parmi les intervenants attendus de la BoE figurent Andrew Bailey, Catherine Mann et Megan Greene.
Des politiques de banques centrales divergentes soutiennent la force de l’euro
La divergence de politique monétaire qui se dessine entre la BCE et la BoE suggère de privilégier l’euro face à la livre. Nous voyons une opportunité, dans les prochaines semaines, d’un mouvement haussier de l’EUR/GBP, les chiffres d’inflation allemands publiés aujourd’hui constituant le premier catalyseur clé. Cette lecture repose sur une banque centrale en zone euro en passe de relever ses taux, face à une banque centrale britannique qui semble contrainte.
Le marché a fermement intégré une hausse de taux de la BCE le 11 juin, reflétant des pressions sur les prix persistantes dans l’ensemble de la zone euro. Avec une inflation allemande récemment annoncée à un niveau toujours élevé de 2,7% sur un an, nous estimons que l’engagement de la BCE en faveur d’un durcissement est solide. Cela fournit un socle robuste à l’euro, d’autant que des membres du directoire ont publiquement soutenu une hausse.
À l’inverse, la livre fait face à des vents contraires liés aux inquiétudes sur les coûts de l’énergie et au ralentissement de l’économie. Au regard du récent recul de 0,5% des ventes au détail au Royaume-Uni, il est clair que les consommateurs réduisent déjà leurs dépenses. Cette situation devrait limiter la marge de manœuvre de la Banque d’Angleterre et l’empêcher d’adopter une posture aussi restrictive que celle de la BCE.
Stratégie options et volatilité liée aux événements
Nous envisageons d’acheter des options d’achat (calls) sur l’EUR/GBP avec des échéances fin juin ou en juillet afin de tirer parti de ce mouvement attendu. Cette stratégie permet de profiter d’une hausse de la paire tout en limitant la perte potentielle à la prime payée. L’incertitude entourant les négociations entre les États-Unis et l’Iran rend cette approche à risque défini particulièrement attractive.
Nous devons rester attentifs à la rapidité avec laquelle des événements géopolitiques peuvent impacter les prix de l’énergie, comme lorsque les contrats à terme sur le Brent ont déjà bondi de plus de 10% en une seule semaine lors de précédents conflits au Moyen-Orient. Tout commentaire plus restrictif qu’anticipé de la part des responsables de la BoE plus tard cette semaine pourrait provoquer une baisse temporaire de l’EUR/GBP. Nous considérerions une telle baisse comme une meilleure opportunité pour initier nos positions.