Les mises en chantier de logements aux États-Unis ont reculé de 15,4 % en mai, une contraction plus marquée que la baisse de 2,8 % enregistrée en avril. Cette dernière lecture suggère un repli plus rapide de l’activité de construction résidentielle neuve sur le mois.
Ce mouvement de repli intervient après une baisse plus modérée sur la période précédente et traduit un affaiblissement de la dynamique de la construction. Les données mesurent une variation d’un mois sur l’autre, la baisse de mai s’accentuant à -15,4 % contre -2,8 % auparavant.
Les mises en chantier, un signal d’alerte pour la confiance des constructeurs et les perspectives du secteur
Nous considérons ces nouvelles données sur les mises en chantier comme un signal d’alerte majeur pour l’économie. Une baisse de 15,4 % n’a rien d’un simple à-coup : il s’agit d’une contraction brutale, indiquant que les constructeurs annulent des projets à un rythme accéléré. Alors que l’indice NAHB/Wells Fargo du marché immobilier a récemment reculé à 35, nettement sous le seuil d’équilibre de 50, la confiance des promoteurs s’effondre clairement.
Cela nous conduit à renforcer nos positions baissières sur le secteur de la construction résidentielle dans les prochaines semaines. Nous estimons que des options de vente (puts) sur des ETF comme le SPDR S&P Homebuilders ETF (XHB) constituent un bon moyen de s’exposer à une baisse généralisée du secteur. Nous avons observé un schéma similaire d’accentuation des replis des mises en chantier fin 2006, qui avait précédé un retournement bien plus large sur ce marché.
Taux d’intérêt, matières premières de la construction et implications plus larges pour les marchés
Le principal facteur est le coût de l’emprunt, le taux moyen des crédits immobiliers à taux fixe sur 30 ans se maintenant autour de 7,8 %, un niveau qui étouffe manifestement la demande des acheteurs potentiels. Cet environnement durable de taux élevés rend les logements neufs inabordables et pousse les constructeurs à revoir leurs prévisions à la baisse. Ces données accroissent sensiblement la pression sur la Réserve fédérale, car elles pointent vers l’atterrissage brutal qu’elle a cherché à éviter.
Nous nous intéressons également à des stratégies sur produits dérivés liées aux matières premières de la construction. Les contrats à terme sur le bois d’œuvre, déjà en baisse de plus de 20 % au dernier trimestre en anticipation d’un ralentissement, pourraient encore reculer à la faveur de cette publication. Vendre à découvert des contrats futures ou acheter des options de vente sur des producteurs de bois d’œuvre et de cuivre apparaît comme une opération secondaire logique.
Le marché au sens large semble sous-estimer ces données, la volatilité implicite sur le S&P 500 étant restée étonnamment faible. Cela suggère, selon nous, une opportunité d’acheter une protection relativement bon marché contre un ralentissement économique plus étendu. Nous envisageons des options d’achat (calls) sur le VIX ou des spreads de puts sur le SPY afin de couvrir le risque que cette faiblesse de l’immobilier se transmette à la consommation et au secteur bancaire.