Les mises en chantier aux États-Unis ont déçu en mai, l’activité se situant à un rythme annualisé de 1,177 million. À titre de comparaison, le marché tablait sur 1,43 million, signalant un élan plus faible qu’anticipé dans la construction de logements neufs.
L’écart entre les 1,177 million publiés et le consensus à 1,43 million met en évidence un pipeline de mises en chantier plus modeste à court terme. Cette statistique s’ajoute à la dernière série d’indicateurs suivant les conditions de demande et la réponse de l’offre sur l’ensemble du secteur immobilier.
Implications pour la Fed, les actions et les taux d’intérêt
Le chiffre des mises en chantier de mai constitue un net contre-pied aux attentes et un signal clair de ralentissement économique. Ce seul point de données modifie sensiblement le narratif autour de l’inflation et de la croissance. Nous estimons que cela accentue nettement la pression sur la Réserve fédérale pour reconsidérer son calendrier d’éventuels ajustements de taux.
Au vu de cette faiblesse, nous privilégions des positions baissières sur les actions des constructeurs. Nous voyons une opportunité via l’achat d’options de vente (puts) sur des ETF tels que le SPDR S&P Homebuilders ETF (XHB), afin de se couvrir ou de tirer parti d’un repli supplémentaire. Le secteur affichait déjà une baisse de 8% sur le dernier mois, et ce rapport pourrait accélérer cette dynamique.
Ce rapport renforce l’argumentaire en faveur d’une inflexion plus accommodante de la Fed plus tard dans l’année. Nous nous positionnons sur une baisse des taux en envisageant des positions longues sur les contrats futures sur Treasuries ou l’achat d’options d’achat (calls) sur les futures SOFR. Le marché intègre déjà une probabilité plus élevée de baisse de taux au quatrième trimestre, passée d’à peine 35% la semaine dernière à plus de 55% ce matin.
Impact sur les matières premières, risques de récession et stratégies de portefeuille
Les matières premières liées à la construction devraient faire face à des vents contraires en raison de ce ralentissement de l’activité. Nous anticipons un recul des prix du bois d’œuvre et du cuivre, sous l’effet d’une demande moindre. Vendre à découvert les futures sur le bois d’œuvre (LBS) constitue un moyen direct d’exprimer ce scénario, d’autant que les prix ont historiquement montré une forte corrélation avec les mises en chantier, comme en témoigne la baisse de 30% observée lors du ralentissement de 2022.
Enfin, la dégradation d’un indicateur clé comme le logement ravive des inquiétudes plus larges quant à un risque de récession. Nous renforçons la protection à la baisse de notre portefeuille global via des options de vente sur l’indice S&P 500. Dans le même temps, nous nous attendons à une hausse de la volatilité des marchés, rendant attractives, à titre de couverture, des positions longues sur les futures VIX ou l’achat d’options d’achat (calls) face à la montée de l’incertitude.