Les stratégistes de Société Générale estiment que les dernières mesures de la Reserve Bank of India (RBI) visant à attirer les investisseurs de portefeuille étrangers se transmettent déjà au marché obligataire, faisant monter les prix et reculer les rendements sur l’ensemble de la courbe, avec un mouvement particulièrement marqué sur le segment 5 ans. De vendredi à mardi, les rendements de référence ont reculé d’environ 10 pdb, tandis que le 5 ans a perdu près de 30 pdb avec l’amélioration des flux. Depuis le 5 juin, les banques étrangères ont été acheteuses nettes d’environ 2 Md$ d’obligations souveraines indiennes.
En parallèle, les banques indiennes proposent entre 6% et 7,1% sur des dépôts USD à cinq ans, une structure comparée à la fenêtre de swap de 2013 qui avait attiré 34 Md$. Cette tarification suggère une préférence pour l’encouragement des entrées de dollars plutôt que le recours à des hausses de taux ou à une intervention sur le marché des changes, tandis que les chiffres d’inflation et de réserves de change attendus demain sont présentés comme moins susceptibles d’influencer le marché à mesure que ces mesures se mettent en place.
Réaction du marché obligataire aux mesures de la RBI sur l’investissement étranger
Nous constatons que les dernières mesures de la RBI pour attirer les investissements étrangers commencent déjà à produire leurs effets. Les rendements des obligations d’État indiennes s’orientent à la baisse, le 10 ans de référence étant repassé sous 7% cette semaine, à 6,95%, pour la première fois depuis avril. Cela reflète directement le regain d’intérêt des investisseurs étrangers pour notre marché de la dette.
Les données montrent que les investisseurs de portefeuille étrangers ont injecté plus de 2,5 Md$ dans les titres publics depuis le début de juin 2026. Cet afflux de capitaux exerce une pression baissière significative sur les rendements, en particulier sur les segments de maturité intermédiaire. C’est un signal clair que la politique atteint l’objectif recherché.
Il semble que la RBI privilégie des politiques destinées à attirer des entrées de dollars plutôt qu’une intervention directe sur le marché des changes ou des relèvements de taux agressifs. Avec des réserves de change solides, proches d’un record à 655 Md$, ce choix apparaît stratégique. Cette approche n’est pas sans rappeler la fenêtre de swap de 2013, qui avait alors contribué à stabiliser les marchés.
Implications pour les dérivés et le marché des changes
Pour les intervenants sur produits dérivés, cela ouvre des opportunités sur les swaps de taux. Nous jugeons attractive une position consistant à recevoir le taux fixe et à payer le taux variable. À mesure que ces entrées se poursuivent, la pression baissière sur les taux fixes devrait améliorer la rentabilité de ces positions.
Sur le front des changes, l’augmentation de l’offre de dollars devrait plafonner tout potentiel de hausse significatif de l’USD/INR, qui a reflué par rapport à ses récents sommets proches de 84,50. Cette volatilité réduite rend la vente d’options d’achat hors de la monnaie (out-of-the-money) sur l’USD/INR intéressante. La prime encaissée offre un coussin, tandis que le contexte fondamental limite le risque d’une forte dépréciation de la roupie.