Risque géopolitique et volatilité de l’EUR/USD
Les prix du pétrole ont légèrement reculé après leurs récents sommets et le dollar américain est tombé à un plus bas de deux semaines. Le mouvement sur le dollar a aussi été alimenté par des soupçons d’intervention du Japon sur le marché des changes (marché FX, où s’échangent les devises) afin de freiner la baisse du yen. L’indice du dollar (DXY, un indicateur qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises) s’échangeait autour de 97,88, en baisse d’environ 0,22% sur la séance. Les statistiques américaines ont été contrastées : l’ISM manufacturier (PMI, un indicateur d’activité basé sur des enquêtes auprès des entreprises ; au-dessus de 50, l’activité progresse) s’est établi à 52,7 en avril contre 53,0 attendu. Le PMI manufacturier de S&P Global a été révisé à 54,5 contre 54,0 et a progressé par rapport à 52,3 en mars. Les décisions de taux de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale des États-Unis) et de la Banque centrale européenne (BCE) ont laissé la politique monétaire inchangée cette semaine. Des responsables de la Fed ont indiqué que la prochaine décision pourrait être une baisse ou une hausse des taux, et ont averti que des surprises sur l’inflation (hausse des prix) pourraient imposer plusieurs relèvements pour maintenir l’objectif de 2%.Volatilité implicite et positionnement sur options
Des responsables de la BCE ont jugé qu’une hausse de taux devenait plus probable, tout en soulignant des vents contraires à court terme pour le PIB (produit intérieur brut, mesure de la richesse produite) et une hausse des risques d’inflation. La situation reste très incertaine, l’EUR/USD ayant touché 1,1768 sur fond d’actualité géopolitique. Les attentes d’un ton plus accommodant (« dovish », c’est-à-dire favorable à des taux plus bas) liées à l’idée d’une désescalade s’opposent aux avertissements plus restrictifs (« hawkish », c’est-à-dire favorable à des taux plus élevés) de la Fed et de la BCE. Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une devise), l’enjeu central devrait être la volatilité (amplitude des variations de prix) dans les prochaines semaines. L’inflation a déjà montré sa résistance en 2024 et 2025, lorsque l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation aux États-Unis) a peiné à repasser sous 3% et que l’inflation en zone euro est restée un sujet. Ce contexte renforce la crédibilité des messages des banques centrales et suggère que les anticipations de taux peuvent évoluer vite. Résultat : le prix des options de maturité longue (options, instruments donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé ; une maturité longue signifie une échéance lointaine) devient très sensible aux prochaines publications d’inflation. La faiblesse du dollar ne s’explique pas seulement par l’Iran : la suspicion d’intervention japonaise pèse aussi, faisant reculer le DXY vers 97,88. Il faut garder en tête les interventions de grande ampleur des autorités japonaises en 2024, qui avaient provoqué des mouvements brusques sur les paires en dollar. Cela signifie qu’une position « short dollar » (pari sur la baisse du dollar) comporte un risque de « gap » (écart de cotation, mouvement soudain entre deux prix) en cas d’action politique inattendue. Ce contexte se prête mal à un pari directionnel simple via des contrats à terme (futures, contrats standardisés pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé). Des stratégies d’options visant à acheter de la volatilité, comme le straddle (achat simultané d’un call et d’un put au même prix d’exercice) ou le strangle (achat d’un call et d’un put à des prix d’exercice différents), peuvent être plus adaptées. Ces stratégies peuvent gagner si le prix bouge fortement dans un sens ou dans l’autre, ce qui paraît probable compte tenu du blocage entre géopolitique et politique monétaire. Autour de 1,1768, l’EUR/USD se situe nettement au-dessus de la zone 1,05-1,12 qui a dominé une grande partie de 2025. Un franchissement durable de 1,1800 pourrait déclencher de nouveaux achats, rendant des options d’achat à court terme (call, droit d’acheter) plus intéressantes. À l’inverse, un échec des discussions pourrait ramener la paire vers 1,1500, ce qui valoriserait une protection via des options de vente (put, droit de vendre).
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