Les embauches du secteur privé américain ont ralenti fin mai, le NER Pulse — le complément hebdomadaire de l’ADP National Employment Report — indiquant que les entreprises ont créé en moyenne 25,5 k emplois par semaine sur les quatre semaines closes le 30 mai. Un chiffre à comparer aux 29 k précédemment, ce qui suggère un nouvel essoufflement modeste de la dynamique de recrutement.
Sur les marchés, le dollar américain a évolué de manière irrégulière autour de 99,70 après le repli de lundi et a brièvement inscrit des plus hauts de deux jours sur le Dollar Index (DXY). La baisse hebdomadaire du billet vert a été attribuée à l’apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, alors que les intervenants évaluent un mémorandum d’entente (MOU) récemment annoncé entre les États-Unis et l’Iran. Par ailleurs, les conditions du marché du travail et la progression des salaires restent des variables centrales pour la politique monétaire : la Fed poursuit un double mandat — plein emploi et stabilité des prix — tandis que la BCE se concentre sur l’inflation, mais toutes deux considèrent les tendances de l’emploi comme un baromètre clé en raison de leur lien avec l’inflation.
Ralentissement du marché du travail et reflux de l’inflation
Le ralentissement récent des embauches dans le secteur privé est un signal que nous prenons au sérieux. Il a été conforté par le rapport officiel sur l’emploi de mai du Bureau of Labor Statistics, qui a montré que les créations d’emplois non agricoles (nonfarm payrolls) ne s’élevaient qu’à 150 000, en deçà du consensus à 180 000. Cette tendance suggère que la tension sur le marché du travail commence enfin à se desserrer.
Nous constatons que ce ralentissement coïncide avec une détente des pressions sur les prix, le dernier indice des prix à la consommation (CPI) pour mai s’étant replié à un rythme annuel de 2,8 %. Alors que les deux volets du double mandat de la Réserve fédérale — emploi et inflation — montrent désormais des signes de modération, l’argument en faveur de nouvelles hausses de taux s’affaiblit rapidement. Les responsables de la Fed ont déjà adopté un ton plus « data-dependent », indiquant que leur prochaine décision dépendra entièrement des prochaines publications.
Implications de marché et opportunités de trading
En conséquence, nous anticipons des vents contraires pour le dollar américain dans les prochaines semaines. Le marché des dérivés l’intègre déjà, les probabilités du CME FedWatch Tool indiquant désormais une probabilité supérieure à 50 % d’une baisse de taux d’ici septembre. Historiquement, ce type de révision des anticipations sur la Fed a souvent précédé des périodes de faiblesse durable du dollar face aux principales devises.
Dans cet environnement, l’achat d’options d’achat (calls) sur des paires de devises comme l’EUR/USD apparaît attractif, dans la mesure où elles pourraient bénéficier d’un dollar en repli. Nous examinons également des produits dérivés de taux d’intérêt, tels que les futures SOFR, pour se positionner en vue d’une éventuelle baisse des taux plus tard dans l’année. La volatilité implicite autour de la prochaine réunion de la Réserve fédérale et des dates de publication du CPI rend les stratégies sur options particulièrement utiles pour gérer le risque.