Les demandes continues d’allocations chômage aux États-Unis pour la semaine close le 5 juin se sont établies à 1,81 million. C’est supérieur au consensus de marché (1,8 million), ce qui indique un nombre légèrement plus élevé de personnes restant indemnisées que prévu.
Ce chiffre suggère des marges de sous-utilisation persistantes sur le marché du travail par rapport aux estimations, même si la lecture reste proche des projections. Les marchés compareront le niveau de 1,81 million aux prochaines publications pour en tirer une orientation, tandis que les responsables politiques suivront les demandes d’allocations comme un indicateur en temps réel des conditions d’emploi.
Refroidissement du marché du travail et implications de politique monétaire
Les données récentes, montrant des demandes continues à 1,81 million, au-dessus du niveau attendu de 1,8 million, signalent un refroidissement tangible du marché du travail. Nous y voyons non pas un incident isolé, mais la confirmation d’une tendance en formation vers un assouplissement de l’activité. Cet écart, discret mais important, suggère que le récit d’une économie durablement robuste pourrait être en train d’évoluer.
Nous estimons que ces données sur l’emploi augmentent sensiblement la probabilité d’une baisse des taux de la Réserve fédérale avant la fin de l’année. Cette lecture est confortée par le dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) du 12 juin, qui a montré un ralentissement de l’inflation globale à 2,8%, soit un troisième recul mensuel consécutif. Avec une inflation et des indicateurs d’emploi orientés à la baisse, la Fed dispose de davantage de latitude pour envisager un assouplissement de sa politique.
Volatilité des marchés et stratégies d’investissement
Dans ce contexte d’incertitude croissante, nous anticipons une hausse de la volatilité des marchés au cours des prochaines semaines. L’indice de volatilité du CBOE (VIX) a déjà grimpé à 19 après un point bas à 14 le mois dernier, et nous pensons que cette tendance haussière pourrait se prolonger. Les traders pourraient envisager l’achat de puts de protection sur de grands indices comme le S&P 500, ou de calls sur le VIX, afin de se couvrir contre un repli potentiel.
Les positions qui bénéficient d’une baisse des taux d’intérêt deviennent plus attractives. Nous nous intéressons aux contrats à terme sur le SOFR qui intègrent des baisses de taux pour les réunions de septembre et de décembre, les anticipations de marché pouvant devenir plus accommodantes. Les options sur les ETF obligataires du Trésor à longue duration devraient également gagner en attrait à mesure que les rendements sont orientés à la baisse.
Historiquement, une hausse durable des demandes continues a constitué un indicateur avancé fiable d’un risque de récession. Fin 2007, par exemple, les demandes continues avaient commencé à progresser régulièrement plusieurs mois avant que le marché au sens large ne prenne la mesure de la gravité du ralentissement à venir. Ce précédent historique renforce notre prudence et oriente notre stratégie pour nous positionner en vue d’un environnement économique moins porteur.