SpaceX (SPCX) a chuté de 10% lundi, prolongeant son repli à une troisième séance après trois gains initiaux consécutifs dans le sillage de son introduction en Bourse du 12 juin à 135 $. Le titre avait inscrit un record à 225,64 $ mardi dernier avant de glisser jusqu’à un plus bas intrajournalier de 165,00 $ lundi, dans un contexte de faiblesse des indices américains : le Nasdaq Composite cédait environ 1,2% en début d’après-midi, tandis que le S&P 500 reculait de 0,3% et que le Dow Jones Industrial Average gagnait 0,3%. La hausse initiale avait notamment été marquée par des progressions de plus de 19% lors de chacune des deux premières séances, alors même que l’attention se portait sur les risques de dilution, avec des projections suggérant que le flottant pourrait augmenter d’environ 1 000% au cours des trois prochains mois.
Par ailleurs, l’entreprise a indiqué avoir décroché un contrat lié à xAI, dans le cadre duquel la start-up Reflection AI pourrait verser jusqu’à 150 millions de dollars par mois pour louer des puces Nvidia GB300, un accord susceptible de courir jusqu’en 2029 et de générer jusqu’à 6,3 milliards de dollars de revenus. Le calendrier de levée de lock-up laisse entrevoir une offre supplémentaire : environ 20% des actions détenues par des initiés doivent être libérées à la mi-août après la première publication de résultats, 10% supplémentaires si le titre se maintient au-dessus de 175 $, puis 7% le 21 août et 7% le 10 septembre, ce qui porterait le flottant d’environ 4% à près de 44% d’ici septembre. Tim Horan (Oppenheimer) maintient un objectif de 250 $, évoquant une ambition de 1 000 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2030 et une valorisation implicite de 10 000 milliards de dollars sur la base d’environ 10 fois les ventes.
Risques de déblocage d’actions et dynamique du marché des options
Compte tenu de la forte volatilité de SpaceX (SPCX), la situation actuelle apparaît comme un bras de fer entre de solides éléments fondamentaux et un important « surplomb » technique. Le titre a perdu plus de 25% par rapport à son sommet, mais le nouveau contrat IA de 6 milliards de dollars apporte un flux de revenus significatif à long terme. L’indice de volatilité CBOE NASDAQ-100 (VXN) a également progressé à 29,5, signalant une nervosité plus large sur le secteur technologique, à comparer au VIX à 19 pour le S&P 500.
Le déblocage à venir des actions est, selon nous, le facteur le plus important à surveiller au cours des trois prochains mois. Nous nous inquiétons du passage du flottant de 4% à 44% d’ici septembre, les investisseurs de la première heure pouvant être tentés de prendre leurs bénéfices. Historiquement, des titres comme Meta (ex-Facebook) avaient vu leurs actions reculer de plus de 6% le jour de l’expiration de leur premier lock-up majeur en 2012, un précédent illustrant ce type de pression liée à l’offre.
Dans ce contexte, nous estimons que l’achat d’options de vente (puts) avec des échéances fin août ou septembre constitue une approche prudente. Cela permet de se positionner sur une baisse à mesure que de nouvelles actions deviennent disponibles à la vente sur le marché. Ces puts peuvent servir d’assurance ou de pari directionnel sur le fait que l’augmentation de l’offre pèsera sur le cours, avec un risque de retour vers les plus bas post-IPO.
Stratégies de volatilité et scénario haussier
Cependant, l’ampleur des variations du titre signifie que la volatilité implicite est extrêmement élevée, rendant les options coûteuses. Nous notons que la volatilité implicite des options SPCX intègre des mouvements quotidiens de plus de 5%, nettement supérieurs à ceux d’autres grandes valeurs technologiques. Dans ces conditions, un straddle long — achat simultané d’un call et d’un put de même prix d’exercice et de même échéance — pourrait constituer un moyen efficace de profiter d’un mouvement important du cours, quelle qu’en soit la direction.
À l’inverse, le contrat de 6 milliards de dollars ne peut être ignoré et pourrait attirer une nouvelle vague d’acheteurs institutionnels capables d’absorber les ventes des initiés. Pour ceux d’entre nous avec une vision haussière, l’achat d’options d’achat (calls) permet de miser sur un redressement du cours et un dépassement des précédents sommets. Il convient toutefois de rester prudent face à des primes élevées, qui augmentent le seuil de rentabilité de la stratégie.
Pour contenir le coût élevé des options, nous envisageons également le recours à des spreads de débit ou de crédit. Un bear put spread, par exemple, permettrait de miser sur une baisse limitée à un coût inférieur à celui de l’achat d’un put « nu ». Cette stratégie plafonne le gain potentiel, mais réduit aussi sensiblement le risque initial, dans ce qui s’annonce comme un été très imprévisible pour le titre.