Le WTI a commencé la semaine sur une note plus ferme, se maintenant près de 92,00 $ en séance asiatique après avoir mis fin à une baisse de deux jours, alors que la reprise des hostilités dans le Golfe a réduit les perspectives de fin d’un conflit vieux de trois mois. Israël a fait état de nouvelles frappes contre des cibles militaires dans l’ouest et le centre de l’Iran, après que l’Iran a lancé dimanche soir des vagues de missiles balistiques sur la base aérienne de Ramat David. D’autres informations faisant état d’actions dans le sud du Liban et le nord de l’Irak, ainsi que la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, ont renforcé les préoccupations liées au risque sur l’offre et soutenu le brut.
Sur le plan technique, les prix restent plafonnés sous la moyenne mobile simple (SMA) à 200 périodes sur le graphique quatre heures, cette résistance étant signalée à 95,38 $. Le MACD demeure légèrement négatif, tandis que le RSI évolue autour de 56, ce qui suggère un biais haussier seulement modéré tant que la barrière de la SMA 200 n’est pas reconquise. À la baisse, un support est identifié à 86,50–86,00 $, et une cassure pourrait ouvrir la voie à des niveaux inférieurs à 81,00 $, correspondant au creux mensuel d’avril. Par ailleurs, les rapports hebdomadaires de stocks de l’API et de l’EIA sont publiés mardi puis le lendemain, et leurs résultats se situent à moins de 1 % l’un de l’autre dans 75 % des cas.
Les tensions géopolitiques soutiennent le brut à 92 $ sur fond de risques d’offre
Au regard de l’évolution récente, nous observons un brut qui se maintient près de 92,00 $, principalement porté par l’escalade du conflit au Moyen-Orient. Les frappes rapportées entre Israël et l’Iran constituent un catalyseur majeur, faisant planer la menace d’un élargissement du conflit à l’échelle régionale. Cette tension géopolitique explique l’essentiel de la fermeté actuelle du marché, éclipsant certains signaux techniques plus faibles.
La fermeture de facto du détroit d’Ormuz représente un risque d’offre critique à surveiller de très près. Historiquement, toute perturbation de ce goulet d’étranglement — par lequel transite plus de 20 % des flux mondiaux de pétrole — provoque des pics de prix immédiats. Une analyse récente de l’EIA suggère qu’une fermeture totale pourrait retirer plus de 17 millions de barils par jour du marché, créant un choc d’offre sévère.
Perspectives techniques, stocks et dynamique plus large du marché
D’un point de vue trading, le niveau clé à surveiller est la moyenne mobile à 200 périodes sur le graphique 4 heures, qui fait actuellement office de résistance autour de 95,38 $. Une cassure franche, suivie d’un maintien au-dessus de ce seuil, signalerait un regain de momentum haussier et ouvrirait la voie à un mouvement vers 100 $. D’ici là, la prudence s’impose, car le MACD légèrement négatif indique que la pression baissière sous-jacente n’a pas totalement disparu.
À la baisse, nous surveillons la zone de support solide comprise entre 86,50 $ et 86,00 $. Tout signe de désescalade dans le Golfe pourrait entraîner un test rapide de cette zone. Une rupture sous ce support déclencherait probablement de nouvelles ventes, rendant des options de vente (puts) ou d’autres stratégies baissières plus attractives.
Les données de stocks de la semaine dernière publiées par l’Energy Information Administration (EIA) ont fait ressortir un déstockage surprise de 2,1 millions de barils, ce qui soutient le niveau de prix actuel. Nous suivrons de très près les rapports API et EIA de cette semaine pour confirmer un resserrement des stocks américains. Un nouveau déstockage significatif renforcerait le scénario haussier, surtout au vu des risques géopolitiques actuels.
Du côté de la demande, le tableau macroéconomique mondial est contrasté, la dernière prévision du FMI tablant sur une croissance mondiale modeste de 3,1 % en 2026. De récentes données douanières chinoises ont indiqué des importations de brut légèrement plus faibles, un facteur susceptible de limiter une envolée incontrôlée des prix. Nous estimons que cela instaure un plafond souple sur l’ampleur de la hausse, en l’absence d’une véritable catastrophe d’offre.
L’OPEP+ a également contribué à la perspective d’une offre tendue en maintenant ses quotas de production lors de sa réunion de la semaine dernière, invoquant la nécessité de stabilité du marché dans un contexte d’incertitude. Cette décision retire, à court terme, une source potentielle de barils supplémentaires. Nous y voyons le signe que le cartel se montre, pour l’instant, à l’aise avec des prix dans une fourchette de 90 à 100 $.