Le West Texas Intermediate s’échangeait près de 75,70 $ mercredi, en baisse de 0,22 % sur la séance, après quatre sessions consécutives de fortes pertes. Les marchés se focalisent sur un accord intérimaire États-Unis–Iran, attendu pour une signature vendredi en Suisse, qui devrait permettre une reprise rapide des exportations iraniennes de pétrole et un rétablissement progressif du trafic maritime via le détroit d’Ormuz. Des données de suivi maritime montrent que plusieurs pétroliers iraniens ont repris leurs mouvements cette semaine, renforçant l’anticipation d’une offre mondiale plus abondante dans les prochains mois.
Les prix du brut au Moyen-Orient se sont assouplis à mesure que les perspectives d’offre s’améliorent : le brut de Dubaï est passé en contango pour la première fois depuis janvier, tandis que les différentiels au comptant de l’Oman et du Murban ont basculé en territoire décoté. Certains observateurs continuent toutefois de souligner l’incertitude quant au rythme d’un retour complet à la normale des flux physiques. Société Générale estime que l’ajustement demeure hétérogène selon les indicateurs, la structure du Brent, la volatilité implicite et les marchés d’options ne montrant pas le même degré de normalisation, tandis que MUFG relie la récente baisse des prix du brut à des risques d’inflation à court terme plus faibles et à une plus grande marge de manœuvre de la Réserve fédérale.
Positionnement avant l’accord États-Unis–Iran
Alors que le WTI se stabilise autour de 75,70 $, nous nous positionnons en amont de l’accord États-Unis–Iran attendu demain. Une grande partie des nouvelles défavorables liées à l’augmentation de l’offre semble déjà intégrée après quatre jours de baisse. Notre attention immédiate porte sur les détails de l’accord et sur la question de savoir si le marché prolonge le repli une fois la confirmation officielle publiée.
Le principal facteur de pression sur les prix est la perspective d’un surcroît de pétrole iranien, et les données récentes corroborent l’idée d’un marché bien approvisionné. Le rapport de l’Energy Information Administration (EIA) publié hier a fait état d’une hausse surprise des stocks de 2,1 millions de barils, alors que le consensus attendait un recul. Nous anticipons que cette tendance pourrait se poursuivre à mesure que les exportations iraniennes se normalisent, ce qui exercerait une pression baissière sur les contrats à terme du premier mois.
Nous restons toutefois prudents quant à la vitesse à laquelle ces volumes supplémentaires peuvent réellement peser sur les équilibres mondiaux. Lors de l’accord nucléaire de 2015, l’Iran avait mis plus de six mois à accroître sensiblement sa production et ses exportations, en raison de contraintes logistiques et d’investissement. Un décalage similaire cette fois-ci pourrait provoquer un rebond de court terme si les barils physiques n’arrivent pas aussi vite que le marché l’escompte.
Structure de marché, volatilité et implications de politique monétaire
Nous constatons un décalage notable sur le marché des options, suggérant qu’un risque résiduel reste intégré dans les prix. Alors que le spot a reculé, l’indice de volatilité du pétrole du CBOE (OVX) demeure élevé, se maintenant au-dessus du seuil des 30 points. Cela indique que les opérateurs d’options ne sont pas totalement convaincus d’un retour sans heurts vers des niveaux de prix plus bas, rendant potentiellement attractives des stratégies vendeuses de volatilité, comme des strangles vendeurs, si l’issue diplomatique est sans ambiguïté.
Le contango qui se met en place sur les références moyen-orientales — où les prix à court terme sont inférieurs aux prix à échéance plus lointaine — offre une opportunité claire. Cette structure signale une offre abondante à court terme. Nous évaluons des opérations sur spreads calendaires, telles que la vente du WTI août et l’achat du WTI décembre, afin de tirer parti de cette dynamique.
Enfin, la récente baisse des prix contribue à atténuer les craintes inflationnistes, ce qui peut influer sur la Réserve fédérale. Les responsables de la Fed ont signalé une posture prudente, mais des prix du pétrole durablement plus faibles leur donnent davantage de flexibilité pour éviter un durcissement excessif. Ce soutien macroéconomique pourrait soutenir la demande sous-jacente et contribuer à établir un plancher sur les prix du brut plus tard dans l’année.