Le WTI a cédé du terrain après avoir ouvert sur un gap haussier, tout en restant dans le vert autour de 90,50 dollars le baril lors des échanges asiatiques de lundi. Les cours s’étaient envolés après que l’Iran a tiré plusieurs salves de missiles en direction d’Israël, une initiative qui a secoué les marchés de l’énergie et qui intervient après la reprise des frappes israéliennes au Liban malgré une trêve en vigueur, alors que les flux de brut via le détroit d’Ormuz restent retardés. L’armée israélienne a indiqué que tous les missiles entrants avaient été interceptés et n’a fait état d’aucune victime.
Aux États-Unis, le président Donald Trump a critiqué les frappes israéliennes sur Beyrouth et a déclaré qu’il demanderait au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’éviter des représailles contre l’Iran, tout en appelant Téhéran à reprendre les négociations. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz a réduit les approvisionnements en provenance du golfe Persique et a contribué à effacer l’essentiel des pertes de vendredi. Par ailleurs, l’OPEP+ est convenue dimanche de relever les quotas de production de juillet de 188 000 b/j, mais les membres peinent à atteindre les objectifs actuels en raison des perturbations du transport maritime à Ormuz, et la capacité de la Russie a été affaiblie par des attaques contre les infrastructures.
Tensions géopolitiques et risques liés au détroit d’Ormuz : moteur des prix du pétrole
Avec un WTI qui franchit les 90 dollars le baril, nous constatons que le marché réagit avant tout à un risque géopolitique aigu, plutôt qu’aux fondamentaux. Le conflit direct entre l’Iran et Israël, conjugué à la reprise des frappes israéliennes au Liban, fait de la sécurité du détroit d’Ormuz le facteur déterminant pour les prix de l’énergie. Tant que les actions militaires se poursuivent, la pression haussière sur les cours demeure forte.
La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz constitue une perturbation majeure de l’offre : historiquement, plus de 20 millions de barils par jour de liquides pétroliers y transitent, soit environ 21 % de la consommation mondiale. Des épisodes similaires ont déjà provoqué des mouvements de prix extrêmes, comme les attaques de 2019 contre des installations saoudiennes, qui avaient fait bondir le Brent de près de 15 % en une séance. Ce précédent historique suggère que les opérateurs doivent se préparer à une volatilité quotidienne marquée et à de nouvelles hausses abruptes au moindre signe d’escalade.
Nous accordons peu de poids à la récente décision de l’OPEP+ d’augmenter les quotas de production de juillet, l’annonce étant davantage symbolique tant que le détroit d’Ormuz reste un goulet d’étranglement. Les principaux producteurs de la région ne sont tout simplement pas en mesure d’acheminer leur production actuelle vers le marché, rendant marginale une légère hausse des quotas face à la tension immédiate sur l’offre. Les difficultés de production de la Russie limitent en outre la capacité du groupe à apporter des volumes additionnels significatifs au marché mondial.
Stratégies de trading et perspectives de marché dans un contexte d’incertitude
Compte tenu de la tension élevée et des risques sur l’offre, nous estimons que des stratégies haussières via les produits dérivés sont adaptées pour les prochaines semaines. L’achat d’options d’achat (calls) sur les contrats à terme WTI ou Brent permet de bénéficier d’éventuels pics de prix tout en plafonnant le risque de baisse au montant de la prime. Nous observons une envolée de la volatilité implicite des options sur le pétrole, bien au-delà de 50 sur l’indice CBOE Crude Oil ETF Volatility Index (OVX), reflet de l’incertitude extrême du marché.
Notre attention restera entièrement centrée sur les développements géopolitiques plutôt que sur les données traditionnelles d’inventaires. Tout signe d’un cessez-le-feu durable ou d’une réouverture confirmée des routes maritimes via Ormuz constituerait un signal pour prendre agressivement ses bénéfices sur les positions longues. À l’inverse, toute nouvelle escalade militaire renforcerait le scénario haussier, suggérant qu’il convient de conserver ces positions ou de les renforcer.