L’USD/CHF a légèrement progressé en séance asiatique jusqu’à environ 0,7950 après de faibles pertes, le dollar américain se maintenant alors que les marchés restaient prudents face au programme nucléaire iranien, toujours non résolu. Ni Washington ni Téhéran n’ont publié de texte officiel d’accord, et les grandes compagnies maritimes retardent leurs changements de route via le détroit d’Ormuz dans l’attente de clarifications. Donald Trump a déclaré qu’un mémorandum d’entente avait été signé pour mettre fin au conflit et rouvrir le détroit, bloqué, tandis que l’agence iranienne Mehr a indiqué que le projet prévoit une réouverture sous modalités iraniennes dans un délai de 30 jours.
L’attention se porte également sur la Réserve fédérale, qui devrait maintenir mercredi son taux directeur dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, la hausse des prix de l’énergie alimentant les craintes d’inflation aux États-Unis ; les opérateurs surveilleront la conférence de presse pour obtenir des indications sous le nouveau président, Kevin Warsh. Le recul des prix du pétrole a atténué les anticipations d’inflation, et les marchés monétaires n’intègrent plus de modification de taux de la Banque nationale suisse d’ici la fin de l’année. Les prix à la production et à l’importation en Suisse ont reculé de 1,8% sur un an en mai après -2,0% en avril, tandis que l’indice a cédé 0,4% sur un mois, à l’inverse des attentes (+0,4%), effaçant la hausse de 0,8% enregistrée en avril.
Tensions géopolitiques et vigueur du dollar américain
Nous constatons que le dollar américain conserve sa solidité alors que les traders restent prudents sur le dossier de l’accord nucléaire avec l’Iran. Une transparence totale sur l’accord relatif au détroit d’Ormuz est nécessaire avant tout retour de l’appétit pour le risque, ce qui maintient les flux vers les valeurs refuges orientés vers l’USD. Cette situation nous incite à conserver un biais haussier sur l’USD/CHF à très court terme.
Notre attention se tourne désormais vers la réunion de la Réserve fédérale demain, car la première conférence de presse du nouveau président, Kevin Warsh, sera déterminante. Même si un statu quo est intégré dans les prix, tout signal restrictif (hawkish) sur l’inflation pourrait propulser le dollar. Historiquement, la première prise de parole d’un nouveau président de la Fed a accru la volatilité implicite des principales paires de devises de plus de 20%, ce qui suggère que des stratégies sur options pourraient être particulièrement adaptées.
Pressions sur le franc suisse et stratégies de trading
En face, le franc suisse est pénalisé par des pressions déflationnistes, les derniers prix à la production affichant une baisse de 1,8% sur un an. La Banque nationale suisse est désormais largement perçue comme en mode pause pour le reste de 2026, ce qui retire un pilier de soutien au franc. Cette divergence de politique monétaire entre la BNS et une Fed potentiellement vigilante renforce notre conviction.
Dans ce contexte, nous estimons que l’achat d’options d’achat (calls) sur l’USD/CHF avec des maturités de trois à quatre semaines offre un profil risque/rendement favorable. Ces instruments permettraient de capter un potentiel de hausse, qu’il provienne d’une surprise restrictive de la Fed ou d’une rupture des négociations avec l’Iran. Des flambées géopolitiques similaires dans le détroit d’Ormuz, comme les incidents de pétroliers en 2019, ont provoqué des pics du prix du pétrole allant jusqu’à 15% en quelques jours, ce qui raviverait les inquiétudes d’inflation aux États-Unis et soutiendrait le dollar.
Toutefois, il faut aussi se préparer à un retournement brutal si l’accord sur Ormuz est pleinement confirmé et dissipe les tensions de marché. Ce risque binaire rend les stratégies fondées sur la volatilité — comme un straddle acheteur (long straddle) sur l’USD/CHF avant l’annonce de la Fed — une alternative intéressante. Une telle position profiterait d’un mouvement marqué des cours dans un sens comme dans l’autre, tout en protégeant contre un éventuel pivot accommodant (dovish) soudain de la nouvelle direction de la Fed.