Le taux de demandeurs d’allocations (« claimant count rate ») au Royaume-Uni a légèrement progressé à 4,5 % en mai, contre 4,4 % précédemment. Ce mouvement indique une part un peu plus élevée de personnes percevant des prestations liées au chômage sur le mois.
La dernière publication fait état d’une hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à la période précédente. Ce frémissement vient renforcer les signaux d’un léger assouplissement des conditions sur le marché du travail.
Assouplissement du marché du travail et implications pour la politique monétaire et les marchés
Nous interprétons la hausse du « claimant count » au Royaume-Uni à 4,5 % comme un signal clair de détente du marché de l’emploi. Cet indicateur, combiné aux dernières données de PIB ne montrant qu’une croissance de 0,1 % le trimestre dernier, conforte notre scénario d’un ralentissement de l’économie britannique. Cette dynamique plaide pour une approche plus prudente sur les actifs exposés au Royaume-Uni dans les semaines à venir.
Ces chiffres décevants sur l’emploi devraient accroître la pression sur la Banque d’Angleterre afin qu’elle adopte un ton plus accommodant. L’inflation britannique ayant déjà reflué à 2,5 % lors de la dernière publication, l’argumentaire en faveur d’une baisse de taux avant la fin de l’année se renforce. En conséquence, nous nous positionnons en vue de taux plus bas en privilégiant des positions longues sur les contrats à terme de Gilts britanniques.
La perspective de baisses de taux plus précoces rend la livre sterling moins attractive. Nous anticipons un affaiblissement de la devise, en particulier face à des monnaies comme le dollar américain, où la banque centrale reste en pause. Nous envisageons donc d’acheter des options de vente (puts) sur GBP/USD pour tirer parti d’un repli potentiel vers 1,24, niveau de support clé de fin 2025.
Impact sur les actions et les stratégies de risque
Du côté des actions, un marché de l’emploi qui se dégrade suggère une modération des dépenses de consommation, ce qui pèsera sur les résultats des entreprises. L’indice FTSE 250, davantage orienté vers l’économie domestique que le FTSE 100, est particulièrement exposé à ce ralentissement. Nous construisons donc une position baissière via des contrats à terme sur le FTSE 250 pour le troisième trimestre.
Historiquement, une hausse du « claimant count », même modeste, précède souvent un ralentissement de l’activité. L’incertitude de marché augmente également : la volatilité implicite sur les options FTSE 100 vient de repasser au-dessus du seuil de 15 pour la première fois en deux mois. Cet environnement favorise des stratégies visant soit à couvrir les portefeuilles, soit à profiter directement d’une baisse potentielle des prix des actifs britanniques.