Le produit intérieur brut (PIB) du Canada est resté stable au premier trimestre, avec une croissance en glissement trimestriel de 0 %, contre -0,2 % sur la période précédente. Ces données signalent une stabilisation de l’activité après une contraction modeste.
Cette stagnation marque une amélioration par rapport au recul précédent. Alors que le PIB ne se contracte plus en rythme trimestriel, le dernier chiffre suggère que l’élan marque une pause plutôt qu’un retournement net.
Implications économiques et perspectives de politique monétaire
L’économie canadienne a évité la contraction, ce qui est meilleur qu’attendu, mais la croissance nulle (0 %) traduit une stagnation marquée. Nous y voyons un signal indiquant que toute vigueur initiale du dollar canadien ou du TSX constituerait probablement une opportunité de vente. Le tableau macroéconomique sous-jacent reste fragile, malgré une publication supérieure aux prévisions négatives.
Ces données augmentent fortement la probabilité d’une baisse de taux de la Banque du Canada dans les prochaines semaines. La prochaine décision de politique monétaire étant prévue le 7 juin 2026, ce rapport apporte aux membres les plus accommodants les éléments nécessaires pour plaider en faveur d’un soutien à l’économie. Nous intégrons désormais une probabilité supérieure à 75 % d’une baisse lors de cette réunion.
Notre conviction est renforcée par les chiffres récents de l’inflation, qui ont montré un ralentissement de l’IPC d’avril 2026 à 2,6 %, se rapprochant de la cible de la banque. Cette décélération offre à la Banque du Canada davantage de latitude pour privilégier la croissance. Cela contraste avec les États-Unis, où le PIB du T1 2026 a progressé de manière plus robuste à 1,2 %, ce qui creuse une divergence de politique monétaire.
Stratégies de marché et perspectives
Pour les cambistes, cela renforce le scénario d’un dollar canadien plus faible face au dollar américain à moyen terme. Nous chercherions à profiter de tout rebond de court terme du CAD pour initier des positions baissières, par exemple via l’achat de options de vente (puts) sur des contrats à terme sur le CAD. L’écart de croissance entre le Canada et les États-Unis devient trop important pour être ignoré.
Sur le marché des options actions, l’absence de récession offre un plancher, mais un environnement de croissance nulle limite le potentiel haussier. Cela plaide pour un marché évoluant en range sur le S&P/TSX 60, rendant plus attractives les stratégies profitant d’une faible volatilité, comme la vente de « iron condors ». Nous voyons plus particulièrement une opportunité dans la vente de calls couverts sur les grandes valeurs bancaires et les titres de ressources canadiennes.
Ce schéma rappelle des cycles passés où les banques centrales passent de la lutte contre l’inflation au soutien d’une économie en perte de vitesse. Nous surveillerons le rapport sur l’emploi de mai au Canada, attendu la semaine prochaine, comme dernier indicateur clé avant la décision de la banque. Un chiffre de l’emploi décevant rendrait une baisse de taux quasi certaine et validerait nos positions stratégiques actuelles.