GBP/USD a bondi vers 1,3450 à l’ouverture hebdomadaire, alors qu’un cessez-le-feu États-Unis–Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz ont fait reculer le brut de près de 5% et soutenu les devises sensibles au risque. Le mouvement a ensuite été totalement effacé, le spot revenant près de 1,3400, le dollar restant bien orienté à l’approche de la réunion de la Réserve fédérale mercredi. Le cessez-le-feu est présenté comme une prolongation de 60 jours, avec le programme nucléaire iranien reporté et une signature formelle attendue vendredi, ce qui a contribué à contenir l’appétit pour le risque plus large après une grande partie du positionnement de la semaine dernière.
Les statistiques américaines ont été faibles mais ont peu entamé le billet vert : l’indice manufacturier Empire State de New York est retombé à 5,7 en juin contre 19,6, pour un consensus à 14, tandis que la production industrielle de mai a progressé de 0,1% contre 0,3% attendu. La Fed devrait laisser les taux inchangés à 3,50%–3,75%, après un NFP de mai ressorti autour de 172k et un taux de chômage proche de 4,3% ; les futures intègrent une probabilité de hausse en décembre d’environ 57%, et, en janvier, une probabilité de statu quo d’environ 35%. D’un point de vue technique, la paire est comprimée entre l’EMA 200 périodes vers 1,3400 et l’EMA 50 périodes juste sous 1,3450, soit environ 40 pips d’écart, avec un Stoch RSI autour de 44. Mardi au programme : permis de construire et mises en chantier autour de 1,42 et 1,43 million, puis l’IPC britannique à 06h00 GMT (2,8% en glissement annuel pour l’indice global ; le core attendu à 2,7% contre 2,5%), les ventes au détail américaines à 12h30 GMT, puis la Fed à 18h00 GMT avec conférence de presse à 18h30 GMT ; la BoE suivra jeudi. Les niveaux cités : résistances à 1,3450 puis 1,3500 et 1,3550 ; supports à 1,3400 puis 1,3350.
Rallyes éphémères de la livre et focus sur la Fed
Nous avons vu la livre bénéficier d’un bref soutien vers 1,2800 à la faveur de signes de détente dans les relations commerciales UE-Chine, mais cet optimisme s’est rapidement évaporé. Le mouvement s’est entièrement dégonflé, illustrant à quel point ces rebonds pilotés par le risque restent superficiels. L’attention du marché demeure fermement centrée sur la réunion de la Réserve fédérale cette semaine.
Le dollar n’attend pas un feu vert pour prolonger la hausse, et l’on comprend aisément pourquoi. La dernière lecture de l’inflation américaine pour mai s’est établie à un niveau tenace de 3,1%, et l’économie a créé un solide total de 195 000 emplois. Avec de tels chiffres, on observe des opérateurs réduire leurs positions vendeuses sur le dollar avant la décision de la Fed mercredi.
Nous anticipons que la Fed maintiendra les taux inchangés cette semaine, dans la fourchette actuelle de 4,50% à 4,75%. Le véritable enjeu se jouera dans l’actualisation du « dot plot » et le ton du président, qui donneront des indications sur la trajectoire pour le reste de l’année. L’expérience montre qu’un léger relèvement des projections de taux peut propulser le dollar nettement à la hausse.
Techniques GBP/USD et stratégie de trading à l’approche des banques centrales
À la lecture des graphiques, GBP/USD apparaît comprimée dans un couloir extrêmement étroit, ce qui suggère qu’un mouvement ample se prépare. La paire est coincée entre sa moyenne mobile à 200 jours, qui apporte un support près de 1,2720, et la moyenne mobile à 50 jours, qui coiffe les cours vers 1,2780. Ce type de compression précède souvent une cassure marquée, la décision de la Fed constituant le déclencheur le plus probable.
Pour nous, cette configuration plaide nettement pour l’utilisation d’options afin de jouer une sortie de volatilité autour de l’annonce de la Fed. Nous envisageons d’acheter des straddles ou des strangles pour profiter d’un mouvement brusque dans un sens comme dans l’autre, la direction restant incertaine. Les niveaux clés à surveiller sont une rupture sous le support à 1,2720 ou une accélération au-dessus de la résistance à 1,2800.
Il faut également garder à l’esprit le versant britannique, avec la réunion de la Banque d’Angleterre jeudi. Avec une inflation au Royaume-Uni plus élevée qu’aux États-Unis à 3,5%, toute surprise plus « hawkish » de la BoE pourrait compliquer le scénario. Toutefois, à ce stade, la Fed reste le principal moteur de la paire cette semaine.