Le dernier « dot plot » de la Réserve fédérale, publié après la réunion du FOMC de mercredi, indique une trajectoire plus élevée pour le taux des fonds fédéraux. Les responsables anticipent des taux à 3,8 % fin 2026, contre 3,4 % en mars et au-dessus du point médian actuel de la fourchette cible, ce qui laisse entrevoir une marge pour une hausse cette année. Pour 2027, la projection remonte à 3,6 % contre 3,1 %, avant de refluer à 3,4 % en 2028, contre 3,1 % auparavant, tandis que l’estimation de long terme reste inchangée à 3,1 %.
Les prévisions économiques actualisées font état d’une croissance du PIB de 2,2 % cette année, contre 2,4 %, et de 2,3 % en 2027, inchangée. Le chômage est désormais attendu à 4,3 % fin 2026 contre 4,4 % précédemment, et resterait à 4,3 % en 2027. Côté inflation, le PCE est projeté à 3,6 % fin 2026, contre 2,7 % en mars, puis à 2,3 % en 2027 contre 2,2 % auparavant, avant de revenir à 2,0 % en 2028, inchangé.
Perspectives de politique monétaire et opportunités de trading
Alors que la Fed projette désormais un taux directeur à 3,8 % en fin d’année, nous estimons que le marché sous-évalue le risque d’une hausse de taux au second semestre 2026. Cette surprise restrictive (« hawkish ») plaide pour envisager des positions vendeuses sur les contrats à terme de taux, tels que les contrats SOFR de décembre, afin de se positionner sur des taux plus élevés plus longtemps. Le dernier rapport sur l’inflation CPI de mai, ressorti en surchauffe à 3,9 %, ne fait que renforcer cette conviction et suggère que l’inflation demeure la préoccupation principale de la Fed.
Des coûts d’emprunt plus élevés devraient peser sur les valorisations actions, en particulier dans les secteurs sensibles aux taux comme la technologie et les valeurs de croissance. Nous envisageons d’acheter des options de vente (« puts ») de protection sur l’indice Nasdaq 100 pour se couvrir contre un possible repli du marché dans les prochaines semaines. L’indice de volatilité du CBOE (VIX) a déjà bondi de 14 à 17,5 à la suite de cette annonce, et nous anticipons un mouvement supplémentaire, ce qui rend des options d’achat (« calls ») sur le VIX attractives.
Devises, courbe des taux et implications pour le marché du travail
Cette divergence marquée de politique monétaire devrait constituer un puissant soutien pour le dollar américain. Alors que d’autres banques centrales, comme la Banque centrale européenne, laissent entrevoir une posture plus accommodante (« dovish »), nous voyons une opportunité claire pour les cambistes. Nous nous positionnons en conséquence en achetant des contrats à terme sur l’indice du dollar (DXY) et en achetant des options d’achat sur la paire USD/JPY.
La détermination de la Fed à combattre une inflation persistante, malgré une prévision de PIB légèrement abaissée, suggère que la courbe des taux devrait continuer de s’aplatir. Une stratégie consistant à vendre des obligations de duration plus longue tout en achetant celles de duration plus courte — par exemple vendre des futures sur T-Note à 10 ans contre l’achat de futures sur T-Note à 2 ans — figure désormais sur notre radar. Cet environnement rappelle le virage restrictif de 2022, qui avait alimenté des stratégies d’aplatissement de courbe significatives et profitables.
Le rapport de juin sur l’emploi non agricole (non-farm payrolls), étonnamment robuste, avec 250 000 créations de postes et un chômage maintenu à un faible 4,2 %, donne à la Fed le feu vert pour prioriser la lutte contre l’inflation. La résilience du marché du travail réduit toute pression immédiate sur les responsables pour baisser les taux afin de soutenir l’activité. Nous pensons donc que les stratégies misant contre des baisses de taux imminentes resteront rentables dans un avenir prévisible.