Le dollar américain a entamé le mois de juin globalement stable, tandis que les marchés suivaient les négociations États-Unis–Iran et une séquence soutenue de publications américaines. En toile de fond figurent l’incertitude quant à une éventuelle prolongation du cessez-le-feu et la possibilité que le risque de choc sur les prix de l’énergie s’estompe si un accord est annoncé et confirmé par le président Trump, même si la trajectoire des prix du pétrole brut et les statistiques à venir restent des variables clés pour les anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale.
L’attention se porte aussi sur un changement de leadership à la Fed, avec des discussions autour d’une interprétation plus accommodante sous la présidence de Warsh et d’un recours accru à des mesures « trimmed mean » comme indicateur de l’inflation sous-jacente. Les dernières données PCE ont montré une hausse de l’inflation globale à 3,8% contre 3,5%, tandis que l’inflation sous-jacente est montée à 3,3% contre 3,2%. Les indicateurs du marché du travail sont surveillés afin de confirmer une amélioration graduelle de la croissance des créations d’emplois, tandis que le consensus pour le taux de chômage de mai s’établit à 4,3%, ce qui impliquerait une stabilité par rapport à 12 mois plus tôt ; sur la période de 12 mois précédente, il avait augmenté de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 4,3%.
Risques de volatilité dans un contexte d’incertitude géopolitique et économique
Le dollar américain commence juin sur des bases stables, mais nous voyons un potentiel significatif de volatilité dans les semaines à venir. Le marché est pris entre deux événements majeurs : un possible accord de cessez-le-feu avec l’Iran et une série de publications macroéconomiques américaines de premier plan. Cela dessine un tableau complexe, dans la mesure où un accord de paix pourrait faire baisser les prix de l’énergie, tandis que des statistiques solides pourraient signaler une inflation persistante.
Compte tenu de cette incertitude, nous estimons que la stratégie la plus prudente consiste à acheter de la volatilité. Avec un président de la Réserve fédérale nouveau et potentiellement plus accommodant, la réaction du marché aux prochaines données d’inflation et d’emploi est très difficile à anticiper. Des stratégies sur options, comme des straddles sur les principales paires de devises telles que l’EUR/USD, pourraient être efficaces, car elles profitent d’un mouvement de prix ample dans un sens comme dans l’autre.
Implications pour le dollar et la politique de la Fed
Un accord officiel entre les États-Unis et l’Iran affaiblirait probablement le dollar, car la baisse des prix du pétrole permettrait à la Fed d’ignorer le récent pic d’inflation alimenté par l’énergie. Nous avons observé un schéma similaire en 2015, lorsque l’annonce de l’accord JCPOA avait entraîné une baisse de plus de 20% des cours du WTI au cours des mois environnants. Les opérateurs anticipant un accord pourraient envisager d’acheter des options de vente (puts) sur le dollar.
À l’inverse, le rapport sur l’emploi de cette semaine constitue un risque pour toute lecture baissière du dollar. Si la croissance des créations d’emplois reste solide et que le taux de chômage se maintient à 4,3%, il devient très difficile pour la Fed de justifier des baisses de taux, indépendamment d’un « dividende de paix ». Ce niveau de chômage est supérieur aux taux inférieurs à 4% observés par le passé, mais une stabilité plaiderait contre un assouplissement immédiat de la politique monétaire.
L’inconnue majeure reste le président de la Fed, Warsh, et son intérêt pour des indicateurs alternatifs d’inflation comme le PCE « trimmed mean ». La publication PCE globale de la semaine dernière, à 3,8%, est nettement au-dessus de l’objectif de la Fed, mais il pourrait choisir de la minimiser. Ce manque de visibilité sur la fonction de réaction de la Fed signifie que toute vigueur du dollar à la suite de statistiques solides pourrait n’être que temporaire.